La Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) a signé avec le Burkina Faso un accord-cadre d’un montant de 1 milliard de dollars, soit environ 600 milliards FCFA, destiné à structurer la coopération financière entre les deux parties pour la période 2026-2030. Cet accord s’aligne sur le nouveau Plan national de développement « Relance » du pays, qui couvre la même période.
La signature a réuni, le vendredi 19 juin 2026, Adeeb Yousuf Al Aama, directeur général de l’ITFC, et le Dr Aboubakar Nacanabo, ministre de l’Économie et des Finances du Burkina Faso, en marge des 51es Assemblées annuelles du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), tenues du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan.
L’accord-cadre vise à mobiliser des financements conformes à la charia dans cinq domaines jugés stratégiques pour le développement du Burkina Faso. Ces domaines concernent la sécurité énergétique, la sécurité alimentaire, la santé, les produits agricoles stratégiques, ainsi que le développement du secteur privé à travers les institutions financières locales.
Sa mise en œuvre se fera à travers des accords de financement individuels, négociés au fur et à mesure avec les autorités et entités désignées, permettant une déclinaison progressive et adaptée des financements selon les besoins identifiés dans chaque secteur.
Dr Nacanabo porté à la tête de l’instance suprême de la BID
Cette signature intervient dans un contexte particulièrement favorable pour la diplomatie économique burkinabè. À l’occasion de ces mêmes Assemblées annuelles, le Dr Aboubakar Nacanabo a été élu président du Conseil des gouverneurs de la BID pour un mandat d’un an.
Cet organe, qui réunit les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de l’ensemble des pays membres, constitue l’instance suprême de la Banque et définit ses grandes orientations stratégiques en matière de financement du développement.
Cette élection place ainsi le Burkina Faso à un poste d’influence au sein de la gouvernance de la BID, au moment même où le pays consolide ses partenariats financiers avec les institutions du Groupe.
Pour rappel, la Société internationale islamique de financement du commerce et le Burkina Faso entretiennent une relation de longue date. Un accord-cadre avait été signé en mai 2023 pour un montant de 900 millions d’euros, soit 590,36 milliards FCFA, avec un taux d’exécution de 94 %.
Depuis 2008, date du démarrage des opérations de l’ITFC au Burkina Faso, plus de 3,4 milliards de dollars de financements ont été approuvés en faveur du pays. Dans le détail, l’agriculture a capté 45 % de cette enveloppe, principalement orientée vers le soutien aux campagnes cotonnières.
Le secteur de l’énergie, pour sa part, a concentré 50 % des approbations, notamment pour la sécurisation des importations de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY).
Quant aux opérations en cours au Burkina Faso, elles comprennent une facilité de financement de 100 millions d’euros, soit 65,6 milliards FCFA, en faveur de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX). Cette allocation vise à accompagner la société dans le cadre de la campagne cotonnière 2025-2026.
Par David Yaméogo


