Transition énergétique : la demande mondiale de lithium devrait bondir de 353 % d’ici 2040, selon la CNUCED

La transition énergétique mondiale devrait entraîner une forte hausse de la demande en minéraux critiques au cours des prochaines décennies. Selon un récent rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), la demande mondiale de lithium devrait progresser de 353 % entre 2024 et 2040, tandis que celle du graphite devrait augmenter de 131 % sur la même période.

L’organisation onusienne souligne que cette croissance sera principalement alimentée par l’expansion rapide des technologies d’énergie propre, notamment les véhicules électriques, les systèmes de stockage d’énergie par batteries, les infrastructures d’énergies renouvelables et les réseaux électriques intelligents.

D’après le rapport, les technologies bas carbone occuperont une place de plus en plus importante dans la consommation mondiale de minéraux stratégiques à mesure que les pays intensifient leurs efforts de décarbonation. La part de la demande de lithium liée aux technologies propres devrait ainsi passer de 62 % en 2024 à 87 % d’ici 2040.

La CNUCED indique également que la demande de nickel et de terres rares magnétiques connaîtra une évolution similaire. La part de la demande de nickel provenant des technologies propres devrait passer de 17 % à 42 % entre 2024 et 2040, tandis que celle des terres rares magnétiques progresserait de 21 % à 31 %.

« Les technologies propres devraient représenter une part bien plus importante de la demande totale », souligne l’organisation dans son rapport, mettant en évidence le rôle central que joueront les minéraux critiques dans l’économie mondiale de demain.

Face à cette demande croissante, plusieurs pays producteurs cherchent désormais à tirer davantage de valeur de leurs ressources naturelles. Selon la CNUCED, près de 100 nouvelles mesures de contrôle des exportations de minéraux critiques ont été adoptées dans le monde depuis 2020.

Ces mesures comprennent notamment 37 régimes de licences d’exportation, 31 taxes à l’exportation, 29 interdictions d’exportation ainsi qu’un système de quotas. La République démocratique du Congo arrive en tête des pays ayant instauré le plus grand nombre de restrictions, devant la Chine et l’Indonésie.

Cette tendance traduit la volonté croissante des États riches en ressources minières de favoriser la transformation locale des minerais et le développement d’industries nationales à plus forte valeur ajoutée, plutôt que de se limiter à l’exportation de matières premières brutes.

Pour la CNUCED, cette évolution reflète également l’intensification de la concurrence mondiale autour des minéraux stratégiques, devenus indispensables à la transition vers une économie sobre en carbone.

Le lithium, le graphite, le nickel, le cobalt et les terres rares constituent aujourd’hui des éléments essentiels à la fabrication des batteries de véhicules électriques, des systèmes de stockage d’énergie, des éoliennes, des panneaux solaires et d’autres technologies propres. Leur importance stratégique devrait continuer de croître à mesure que le monde accélère sa transition énergétique.

Par Drissa Ouattara

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