Le Burkina Faso passe à l’offensive dans le déploiement de sa stratégie d’industrialisation. Le gouvernement burkinabè a signé, ce lundi 6 juillet 2026, quatre conventions de financement d’un montant global de 85 milliards de FCFA destinées à soutenir des projets industriels et miniers jugés stratégiques. Ces financements sont rendus possibles grâce au succès de la première phase de l’opération Diaspora Bond – Emprunt Patriotique, pilotée par Vista Group Holding, qui a permis de mobiliser 151 milliards de FCFA, bien au-delà de l’objectif initial fixé à 125 milliards de FCFA.
Présidant la cérémonie de signature, le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a souligné qu’il s’agissait de la première traduction concrète des engagements pris envers les souscripteurs de l’opération.
« Nous avons promis que l’argent mobilisé servirait à bâtir, à produire, à créer de la valeur et des emplois. Aujourd’hui, nous commençons à tenir cette promesse », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’État a désormais la responsabilité de transformer cette confiance en investissements productifs, en emplois, en recettes publiques et en souveraineté économique.
Des financements orientés vers des secteurs stratégiques
Ces quatre conventions s’inscrivent dans la mise en œuvre du pilier 4 du Plan Relance, consacré au développement des infrastructures et à la transformation structurelle de l’économie burkinabè.
Le premier financement, d’un montant de 15 milliards de FCFA, est accordé à CIM SAHEL pour renforcer les capacités nationales de production de ciment. L’objectif est d’accroître l’offre locale de ce matériau indispensable aux infrastructures, aux logements et aux grands projets de développement, tout en réduisant la dépendance aux importations.
La deuxième convention, d’un montant de 30 milliards de FCFA, est conclue avec SNBRAFASO pour la réalisation d’une nouvelle unité industrielle à Bobo-Dioulasso. Au-delà du développement industriel, ce projet vise la création d’emplois, la dynamisation des activités économiques connexes et le renforcement du tissu industriel de la capitale économique.
Deux autres conventions sont signées avec la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB).
La première, d’un montant de 20 milliards de FCFA, est destinée à la remise en exploitation de la mine de Perkoa, fermée depuis 2022 à la suite d’un éboulement. Sa réouverture marque le retour en production d’un actif stratégique pour l’économie nationale, dans le respect des normes de sécurité.
La seconde convention, également de 20 milliards de FCFA, permettra de relancer un autre projet minier porté par l’État, à savoir la Mine de Taparko. Ces financements s’inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale de reconquête de la souveraineté sur les ressources minières.
Transformer l’épargne nationale en moteur de développement
Pour le ministre de l’Économie et des Finances, ces investissements traduisent un choix économique majeur : orienter les ressources mobilisées auprès des Burkinabè, notamment de la diaspora, vers des investissements productifs capables de transformer durablement l’économie nationale.
Selon Dr Aboubakar Nacanabo, ce mécanisme présente plusieurs avantages. Il permet de financer des projets structurants grâce à des ressources de long terme sans dépendre exclusivement des financements extérieurs, de développer les capacités nationales de production, de créer des emplois, de stimuler les chaînes de sous-traitance, d’élargir l’assiette fiscale et de renforcer l’autonomie économique du pays.
« La confiance des Burkinabè finance l’investissement. L’investissement crée la production et l’emploi. La production génère des revenus et des recettes qui renforcent notre capacité à financer notre propre développement », a-t-il résumé.
151 milliards FCFA déjà mobilisés
Le gouvernement a profité de cette cérémonie pour saluer l’engagement de toutes les parties prenantes de l’opération Diaspora Bond, dont le succès a dépassé toutes les attentes avec 151 milliards de FCFA mobilisés, soit 26 milliards de FCFA de plus que l’objectif initial.
Pour les autorités, cette mobilisation confirme la confiance des Burkinabè envers les mécanismes innovants de financement du développement et ouvre la voie à un nouveau modèle fondé sur la valorisation de l’épargne nationale au service de l’industrialisation, de la création d’emplois et de la souveraineté économique du Burkina Faso.
Par Drissa Ouattara


