Burkina/ Finances publiques : l’IFPB, le CERE et L’Économiste du Faso ouvrent le débat sur les financements innovants

L’Institut des finances publiques du Burkina (IFPB), le Cabinet d’études et de recherche en entreprise (CERE) et le journal L’Économiste du Faso ont coorganisé, ce mercredi 8 juillet 2026, la Conférence annuelle sur les finances publiques, placée sous le thème : « Financements innovants et développement endogène : mobiliser des ressources nouvelles pour une croissance inclusive et durable ».

Ouvrant les travaux, le directeur général de l’IFPB, Barthélémy Dabré, a présenté la conférence comme le fruit d’une « alliance exemplaire » entre trois métiers complémentaires. Pour lui, le CERE apporte la rigueur de l’analyse, L’Économiste du Faso la puissance de diffusion et l’IFPB l’ancrage académique ainsi que la formation de la relève.

Barthélémy Dabré, Directeur général de l’IFPB

Une manière, selon lui, de sortir les questions de finances publiques du cercle restreint des seuls initiés. « Trois métiers différents, une même vocation : les finances publiques sont une affaire trop sérieuse pour rester confinées aux seuls initiés », a-t-il ajouté.

Le directeur général du CERE, Dr Nébila Amadou Yaro, a, pour sa part, situé l’initiative dans la trajectoire de « souveraineté économique » et de « souveraineté financière » engagée par le Burkina Faso, en insistant sur la nécessité de l’innovation pour progresser. « L’élément principal qui nous a motivés, c’est de contribuer véritablement à la réflexion, parce que nous sommes convaincus que sans innovation, nous ne pouvons pas véritablement avancer », a-t-il précisé.

Dr Nébila Amadou Yaro, Directeur général du CERE

Le Dr Yaro a, par ailleurs, salué l’accueil favorable réservé à la conférence par le ministère de l’Économie et des Finances et a affiché l’ambition des organisateurs de produire des recommandations réellement opérationnelles, susceptibles d’être reprises par le ministère plutôt que de rester lettre morte.

Le développement ne « s’importe pas », plaide le ministère de l’Économie et des Finances

Représentant le ministre de l’Économie et des Finances, président de l’événement, le chargé de mission Salifou Tiemtoré a détaillé la stratégie financière suivie depuis septembre 2022, fondée sur des solutions endogènes. Il a rappelé que le schéma traditionnel de financement du développement, reposant notamment sur les ressources publiques nationales, les emprunts internationaux, l’aide publique au développement et les partenariats public-privé, s’avère désormais « de plus en plus insuffisant », voire incertain ou conditionné.

Salifou Tiemtoré, Représentant le ministre de l’Économie et des Finances

Face à ce constat, le ministère de l’Économie et des Finances a fait de la mobilisation des ressources internes la clé de voûte de sa stratégie, à travers l’élargissement de l’assiette fiscale, la rationalisation des exonérations, la modernisation et la digitalisation des administrations des recettes, ainsi qu’une plus grande discipline dans la dépense publique. « Ces efforts visent un triple objectif : financer les secteurs stratégiques, accompagner le secteur privé en tant que partenaire de la création de richesses et d’emplois et réduire durablement notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur », a déclaré le chargé de mission.

M. Tiemtoré a insisté sur la nécessité d’innover dans les pratiques, les instruments, les priorités et les stratégies de financement, tout en ancrant le développement dans les réalités locales plutôt que dans des modèles importés. « Nous n’avons d’autre choix que d’innover (…). Le développement ne s’importe pas. Il se construit avec l’adhésion populaire et en phase avec les réalités locales », a-t-il martelé.

Illustrant cette stratégie, le représentant du ministre a cité la récente opération Diaspora Bond, qui a permis de mobiliser 151,5 milliards de FCFA, contre un objectif initial de 125 milliards de FCFA. Un résultat qu’il a présenté comme la preuve que l’épargne nationale, y compris celle des Burkinabè de l’extérieur, répond présente dès lors que l’État propose des instruments de financement crédibles et sûrs.

Une vue des participants

Salifou Tiemtoré a enfin salué l’initiative des trois organisateurs comme un complément naturel à l’action gouvernementale, offrant un espace de réflexion libre pour interroger les instruments existants et en proposer de nouveaux. « […] On n’est jamais seuls pour bien faire. […] Cette conférence est précisément cet aiguillon intellectuel dont toute politique publique a besoin pour ne pas s’endormir sur ses acquis », a déclaré le chargé de mission, tout en réaffirmant l’engagement du ministère à examiner avec attention les recommandations issues des travaux et à leur donner, chaque fois que possible, une traduction opérationnelle dans les politiques de mobilisation des recettes.

Par Léon Yougbaré

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