L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE Burkina Faso) participe au Forum des mines 2026 pour mieux faire connaître sa mission auprès des acteurs du secteur et du grand public. Dans cet entretien express, Raïssa Zidouemba, cheffe du département Communication du Secrétariat permanent présente les mécanismes de la norme ITIE, les informations contenues dans les rapports annuels et la place accordée aux enjeux environnementaux dans le suivi des activités minières.
Pouvez-vous nous présenter l’ITIE ?
L’ITIE est une norme internationale qui fait la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance dans le secteur extractif. Nous travaillons avec les sociétés minières, les organisations de la société civile ainsi que les structures de l’administration publique afin de compiler toutes les informations liées à l’exploitation des ressources naturelles. Ces données sont regroupées dans un rapport public.
Ces rapports sont mis à la disposition de la population afin que les citoyens disposent du maximum d’informations sur les revenus générés par le secteur extractif et sur la manière dont ces ressources sont utilisées pour le développement du pays.
L’objectif est de susciter un débat public en mettant l’information à la disposition des citoyens, mais aussi de les amener à s’impliquer davantage dans la gouvernance du secteur en jouant un rôle de veille. En tant que citoyens, nous avons le droit, mais également le devoir, de demander des comptes aux gouvernants et aux différents acteurs impliqués dans la gestion des ressources extractives.
Le Burkina Faso a adhéré à l’Initiative en 2008. À ce titre, toutes les entreprises qui exploitent les ressources naturelles sont parties prenantes de la mise en œuvre de la norme ITIE.
Qu’est-ce qui justifie votre présence à ce forum ?
Nous sommes une structure fédératrice qui travaille avec l’ensemble des acteurs du secteur. Les sociétés minières présentes à ce forum sont des partenaires de la mise en œuvre de la norme ITIE. La Chambre des mines est également partie prenante puisqu’elle siège au Comité de pilotage de l’ITIE, qui joue un rôle comparable à celui d’un conseil d’administration.
Notre présence à ce forum vise également à permettre aux différents acteurs du secteur, mais aussi aux visiteurs, notamment les étudiants, de mieux connaître la norme ITIE, de se l’approprier et de découvrir les informations contenues dans nos rapports. Cela leur permettra de participer de manière éclairée aux débats publics sur la gouvernance du secteur extractif.
Sur notre stand, nous mettons en avant le dernier rapport publié, à savoir le rapport ITIE 2024. Le rapport 2025 est actuellement en cours d’élaboration. Le rapport 2024 présente l’ensemble des flux financiers liés au secteur extractif pour l’exercice concerné.

Le thème de cette édition est consacré à la santé, à la sécurité et à l’environnement dans les mines. Quel regard porte l’ITIE sur ces questions ?
Ce sont des thématiques majeures. Le secteur extractif emploie un nombre important de Burkinabè. Il est donc essentiel de s’intéresser à la santé et à la sécurité des travailleurs. La Chambre des mines a fait de cette question un axe central de cette édition du forum.
Au niveau de l’ITIE, les questions environnementales occupent également une place importante. Un chapitre spécifique de notre rapport est consacré à ces enjeux.
Dans le cadre de l’élaboration du rapport, les entreprises et les différentes entités remplissent un formulaire de déclaration. Ce document comprend plusieurs rubriques portant sur l’environnement. Les entreprises sont notamment invitées à fournir des données sur l’impact environnemental de leurs activités.
Ainsi, les personnes qui consultent le rapport peuvent apprécier les impacts écologiques de l’exploitation minière au Burkina Faso, mais aussi les efforts entrepris par les différentes sociétés pour réduire ces effets.
Le rapport recense également les paiements environnementaux effectués par les sociétés minières. Ces contributions sont destinées notamment au traitement des sols pollués, à la fermeture des mines et à la réhabilitation des sites miniers.
En principe, toutes les mines doivent déclarer ces paiements. Toutefois, dans la pratique, certaines entreprises les déclarent, tandis que d’autres ne le font pas systématiquement. Pourtant, ces informations sont importantes puisqu’elles permettent d’assurer le financement des opérations de réhabilitation des sites après la fermeture des mines.
Par Bernadette W. Gansonré et Léon Yougbaré


