Forum des mines 2026 : « Dans l’exploitation minière, la santé et la sécurité passent avant la production », Albert Sié Hien, chargé de la santé et de la sécurité au travail au sein de Roxgold Yaramoko (groupe Soleil Resources)

Présent au Forum des mines 2026, Albert Sié Hien, chargé de la santé et de la sécurité au travail chez Roxgold Yaramoko (groupe Soleil Resources), revient sur les dispositifs mis en place pour prévenir les accidents et protéger les travailleurs. Il explique comment la gestion des risques, le suivi des indicateurs de performance et la culture de prévention permettent à son entreprise d’afficher plus de 15 millions d’heures travaillées sans accident avec arrêt de travail.

Pouvez-vous présenter votre groupe ?

Soleil Resources est un groupe présent dans les secteurs de l’exploitation minière et du ciment. Dans le domaine minier, nous exploitons actuellement deux sites : Yaramoko et Youga.

Le site de Yaramoko est exploité par Roxgold, qui est une filiale du groupe, tandis que le site de Youga est exploité par Burkina Mining Company (BMC).

Qu’est-ce qui justifie votre présence à ce forum ?

Nous participons à ce forum consacré à la santé, à la sécurité et à l’environnement afin de présenter nos performances dans ces domaines, de partager notre expérience avec les autres acteurs du secteur et, en retour, de tirer des enseignements des bonnes pratiques développées par les autres entreprises participantes.

Le thème de cette édition porte sur la santé, la sécurité et l’environnement. Quel regard portez-vous sur cette thématique ?

C’est un thème particulièrement pertinent. Dans l’industrie minière, il est impossible de parler d’exploitation sans évoquer la santé, la sécurité et la protection de l’environnement. Ces aspects constituent le cœur même de nos activités.

Vous remarquerez d’ailleurs que, dans la plupart des sociétés minières, le slogan est « Safety First », c’est-à-dire « La sécurité avant tout ». Notre objectif est certes de produire de l’or, mais cela ne peut se faire que si les travailleurs évoluent dans un environnement sain et sécurisé. La santé et la sécurité passent donc avant toute considération de production.

Quelles sont les mesures mises en place au sein de votre entreprise pour garantir la santé et la sécurité au travail ?

Je parlerai plus particulièrement de Roxgold Yaramoko, où j’exerce. Nous avons mis en place un système de management intégré de la santé, de la sécurité et de l’environnement. Ce système repose d’abord sur l’identification des différentes activités réalisées sur le site, puis sur l’analyse des risques auxquels les travailleurs peuvent être exposés. Une fois ces risques identifiés, nous définissons les mesures de contrôle nécessaires afin que chacun puisse travailler dans des conditions optimales de sécurité.

Plusieurs outils sont utilisés. Parmi les plus courants figurent les « toolbox meetings », qui sont des réunions de sécurité organisées avant chaque prise de poste. Elles permettent de rappeler les règles essentielles de sécurité et de sensibiliser les équipes aux risques liés aux tâches à accomplir.

Nous réalisons également des inspections régulières, qu’elles soient quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, afin de vérifier la conformité des installations et des pratiques. À cela s’ajoutent des observations de tâches au cours desquelles les responsables HSE se rendent sur le terrain pour observer les travailleurs et s’assurer que les procédures de sécurité sont effectivement respectées.

Ces différents outils constituent une partie importante de notre dispositif de prévention.

Ces dispositifs permettent-ils de réduire les accidents et les maladies professionnelles ?

Oui, ils sont efficaces. Toutefois, en santé et sécurité au travail, nous disons qu’il n’existe pas de risque zéro. Notre approche repose sur ce que nous appelons la hiérarchie des contrôles. Lorsqu’un risque est identifié, nous cherchons d’abord à l’éliminer. Si cela n’est pas possible, nous mettons en place des mesures de substitution, des solutions d’ingénierie ou encore des mesures administratives afin de réduire au maximum le niveau de risque.

Nous suivons également plusieurs indicateurs clés de performance (KPI). Chaque mois, nous analysons notamment le nombre d’incidents enregistrés, les cas de maladies comme le paludisme ainsi que différents indicateurs liés à la santé et à la sécurité. En fin d’année, un bilan global est réalisé.

Les incidents sont classés selon leur gravité, depuis les incidents mineurs jusqu’aux accidents avec arrêt de travail, voire les cas de décès, que nous appelons des fatalités.

Aujourd’hui, à Roxgold Yaramoko, nous totalisons plus de 15 millions d’heures travaillées sans accident ayant entraîné un arrêt de travail, soit plus de cinq ans et demi d’activité. Cet indicateur témoigne de l’efficacité de notre système de prévention, même si des incidents mineurs peuvent toujours survenir. Ces indicateurs nous permettent d’évaluer en permanence notre niveau de performance et d’identifier les axes d’amélioration.

Par Bernadette W. Gansonré et Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet