Bénin : la BIIC et la BEI Global mobilisent 65,6 milliards FCFA pour renforcer les chaînes de valeur agricoles stratégiques

La Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC) et la Banque européenne d’investissement (BEI Global) ont signé un accord de financement de 100 millions d’euros, soit 65,6 milliards FCFA, destiné à soutenir les chaînes de valeur agricoles stratégiques du Bénin.

Cet accord poursuit un double objectif, notamment l’accélération de la transformation locale des matières premières et la consolidation des chaînes d’approvisionnement des industries européennes.

Ce financement cible en priorité les filières coton-textile, soja et cajou, considérées comme des secteurs structurants pour l’économie béninoise et essentielles à la diversification des sources d’approvisionnement de l’Union européenne. Au moins 70 % des ressources mobilisées seront consacrées à ces trois chaînes de valeur.

L’accord a été signé dans le cadre de l’initiative « Women for Stronger Communities and Growth », un programme qui ambitionne de mobiliser 1 milliard d’euros d’ici à 2027 afin de renforcer la résilience économique des femmes et des communautés face aux effets des changements climatiques et à l’insécurité alimentaire.

Des filières jugées stratégiques pour le Bénin et l’Europe

Pour les deux partenaires, ce financement répond à des enjeux économiques qui dépassent les frontières béninoises. Dans la filière coton-textile, l’objectif du financement est de renforcer les capacités locales de transformation afin d’accroître la valeur ajoutée produite au Bénin tout en sécurisant les chaînes d’approvisionnement du secteur textile européen grâce à une meilleure traçabilité.

Le soja, devenu un intrant majeur pour l’industrie agroalimentaire et l’alimentation animale en Europe, bénéficiera également d’investissements destinés à développer la transformation locale. L’objectif est de diversifier les sources d’approvisionnement européennes dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés agricoles mondiaux.

Quant à la filière cajou, les financements soutiendront notamment les activités de tri et de transformation afin de produire des produits conformes aux exigences des marchés européens, tout en renforçant la résilience de cette chaîne de valeur.

Cette opération, selon la BIIC, s’inscrit dans sa stratégie visant à consolider son positionnement comme partenaire privilégié du secteur privé béninois en proposant des financements adaptés aux investissements productifs et aux besoins en fonds de roulement des entreprises, avec des conditions avantageuses en matière de coût et de maturité des crédits.

Une assistance technique pour accompagner la transformation

Au-delà du financement, le partenariat prévoit un important volet d’assistance technique financé par le Luxembourg, à travers le Fonds pour l’inclusion financière. Ce programme accompagnera la BIIC dans le renforcement de ses capacités en matière de financement durable, notamment sur les aspects Environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Il apportera également un appui aux PME et aux coopératives agricoles afin d’améliorer la qualité de leurs projets, leurs pratiques de gestion et leur conformité aux standards internationaux.

Une attention particulière sera accordée aux entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, afin de faciliter leur accès au financement et leur intégration dans des chaînes de valeur régionales et européennes plus résilientes.

À travers cette coopération, la BIIC et la BEI Global entendent ainsi favoriser une industrialisation accrue des filières agricoles béninoises, renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux et consolider les liens économiques entre le Bénin et l’Union européenne.

Par Léon Yougbaré

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