La Banque centrale du Nigeria (CBN) a décidé de maintenir son taux directeur de politique monétaire (Monetary Policy Rate, MPR) à 26,5 %, confirmant une approche prudente alors que le pays enregistre un léger ralentissement de l’inflation, mais reste confronté à un environnement économique international marqué par de fortes incertitudes.
La décision a été annoncée à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire (MPC), qui choisit ainsi de laisser le principal taux d’intérêt inchangé pour la deuxième réunion consécutive. Cette orientation intervient après une baisse de 50 points de base décidée en février 2026, lors de la première réunion de politique monétaire de l’année.
S’exprimant lors d’une conférence de presse, le gouverneur de la Banque centrale, Olayemi Cardoso, a expliqué que le maintien d’une politique monétaire prudente demeure la réponse la plus appropriée face aux risques qui pèsent sur l’économie mondiale.
Selon lui, si l’inflation globale a légèrement ralenti en juin 2026, les tensions géopolitiques, notamment le regain des hostilités au Moyen-Orient, continuent d’alimenter les incertitudes sur les marchés internationaux. La Banque centrale entend ainsi poursuivre une surveillance étroite de l’évolution des prix et des risques extérieurs avant d’envisager un nouvel ajustement de sa politique monétaire.
Cette décision était largement anticipée par les marchés financiers. Les neuf économistes interrogés par Reuters prévoyaient unanimement un statu quo sur les taux d’intérêt.
Les dernières statistiques montrent que l’inflation annuelle au Nigeria s’est établie à 15,91 % en juin 2026, contre 15,93 % en mai, mettant un terme à trois mois consécutifs d’accélération des prix à la consommation. Cette précédente poussée inflationniste avait notamment été alimentée par la hausse des prix de l’énergie sur les marchés mondiaux à la suite des tensions géopolitiques impliquant l’Iran.
Malgré cette légère amélioration, la Banque centrale estime que les risques inflationnistes demeurent présents. Elle doit continuer à arbitrer entre la nécessité de soutenir l’activité économique et celle de préserver la stabilité des prix dans un contexte marqué par la volatilité des marchés des matières premières et les incertitudes géopolitiques.
Par Drissa Ouattara


