Ghana : l’État envisage des recapitalisations annuelles en faveur de la Banque Centrale du Ghana jusqu’au retour à des fonds propres positifs

Le gouvernement ghanéen prévoit de poursuivre chaque année ses injections financières en faveur de la Banque du Ghana (BoG) jusqu’au rétablissement complet de ses fonds propres. Cette trajectoire, destinée à restaurer la solidité financière de la banque centrale après plusieurs exercices difficiles, s’inscrit dans un programme de recapitalisation progressif prévu jusqu’en 2032.

Présentant la révision budgétaire à mi-parcours de 2026 devant le Parlement, le 23 juillet, le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, a indiqué que l’État continuerait d’inscrire des crédits budgétaires annuels pour renforcer les fonds propres de la banque centrale, conformément à la loi de 2025 modifiant la loi sur la Banque du Ghana (loi 1158).

Selon le ministre, cette intervention fait suite à la dégradation du bilan de l’institution, provoquée notamment par le programme d’échange de dette intérieure de 2023 (Domestic Debt Exchange Programme, DDEP). Ce processus a entraîné d’importantes dépréciations d’actifs, conduisant la Banque du Ghana à afficher une position nette de fonds propres négative.

Dans le cadre de ce plan de redressement, le gouvernement a déjà procédé à une première opération en mars 2026 avec l’émission d’une obligation de recapitalisation de 5 milliards de GH¢ en faveur de la banque centrale. D’autres engagements budgétaires sont prévus au cours des prochains exercices afin de poursuivre la reconstitution progressive du capital de l’institution.

Lors de la 131e réunion du Comité de politique monétaire, le gouverneur de la Banque du Ghana, Dr Johnson Pandit Asiama, a confirmé que le processus de restauration des fonds propres sur la période 2026-2032 était en cours. Il a précisé que le plan reposait notamment sur le transfert d’instruments de capital par l’État, dont des obligations non négociables et des injections de liquidités, afin de permettre à la banque centrale de retrouver un niveau de fonds propres positif d’ici à 2032.

Le gouverneur a toutefois relativisé l’impact de cette situation, estimant que les fonds propres négatifs constituaient principalement une conséquence comptable des pertes enregistrées dans le cadre du DDEP, plutôt qu’une crise opérationnelle. Selon lui, la Banque du Ghana conserve sa capacité à conduire la politique monétaire, à superviser le secteur bancaire et à maîtriser l’inflation.

Parallèlement au soutien financier de l’État, la banque centrale prévoit de renforcer son efficacité interne. Dr Cassiel Ato Forson a indiqué que l’institution engagerait un examen complet de ses opérations afin de réduire ses coûts, d’améliorer sa gestion financière et de renforcer sa viabilité à long terme.

Dans le cadre de ce processus, les bénéfices opérationnels générés par la Banque du Ghana seront conservés au lieu d’être reversés au Trésor public sous forme de dividendes, jusqu’à la reconstitution complète de ses réserves de capital.

La banque centrale entend également maintenir une politique stricte de non-financement des déficits budgétaires de l’État afin de préserver la crédibilité de la politique monétaire et de limiter les risques inflationnistes.

Par Bernadette W. Gansonré

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