Le Fonds monétaire international (FMI) a achevé la sixième et dernière revue du programme de 3 milliards de dollars accordé au Ghana dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ouvrant ainsi la voie à un dernier décaissement d’environ 371 millions de dollars en faveur du pays.
Cette décision, approuvée par le Conseil d’administration du FMI, met un terme au programme d’assistance financière lancé en 2022 pour aider le Ghana à surmonter la plus grave crise économique qu’il ait connue depuis plusieurs décennies.
Selon le directeur général adjoint du FMI, Bo Li, la mise en œuvre du programme a été « globalement satisfaisante ». Il a souligné que les efforts continus de réforme, conjugués à l’amélioration des prix des matières premières, ont permis de stabiliser l’économie ghanéenne et de réduire les risques liés à l’endettement.
« La performance du Ghana dans le cadre du programme a été globalement satisfaisante, avec des efforts de réforme soutenus et des évolutions favorables des prix des matières premières ayant contribué à stabiliser l’économie et à réduire les risques d’endettement », a-t-il déclaré.
Une crise économique qui avait conduit au recours au FMI
Le Ghana, l’un des principaux producteurs africains d’or, de pétrole et de cacao, s’était tourné vers le FMI après plusieurs années de fortes dépenses publiques, auxquelles se sont ajoutés les effets économiques de la pandémie de Covid-19, de la guerre en Ukraine et du durcissement des conditions financières internationales. Cette conjoncture avait fortement alourdi le coût du service de la dette, provoqué une dépréciation du cedi et alimenté une forte poussée inflationniste.
Le pays était parvenu à un accord technique avec les services du FMI en mai 2026 sur cette dernière revue, avant la validation définitive par le Conseil d’administration.
Une restructuration de la dette quasiment achevée
Le FMI estime désormais que la restructuration de la dette du Ghana est largement achevée, ce qui réduit sensiblement les risques de défaut de paiement.
Pour Bo Li, cette avancée constitue un signal encourageant, tout en appelant les autorités à maintenir une gestion budgétaire prudente.
« La restructuration globale de la dette du Ghana était en grande partie achevée et son risque de ne pas pouvoir honorer sa dette est revenu à un niveau modéré. Des réformes continues et une discipline budgétaire stricte seront essentielles pour remédier aux vulnérabilités restantes », a-t-il indiqué.
Le FMI appelle à poursuivre les réformes
L’institution de Bretton Woods a également salué les actions de la Banque du Ghana, qui ont contribué à ralentir l’inflation et à reconstituer les réserves de change.
Le FMI recommande toutefois à la banque centrale de préserver son indépendance, de transférer son programme national d’achat d’or au Gold Board et de poursuivre la recapitalisation du secteur bancaire.
Par ailleurs, le Fonds encourage les autorités à renforcer davantage la supervision du système financier, à finaliser le cadre de gestion des crises financières et à adopter des règles de conduite applicables aux responsables publics afin d’améliorer la gouvernance et la transparence.
Avec la clôture de ce programme de 3 milliards de dollars, le Ghana tourne une page importante de son redressement économique. Le FMI souligne néanmoins que la poursuite des réformes structurelles, le maintien de la discipline budgétaire et la consolidation de la stabilité macroéconomique seront déterminants pour préserver la confiance des investisseurs et soutenir une croissance durable.
Par Amhed Coulibaly


