Le Ghana Gold Board (GoldBod) expérimente un nouveau modèle de financement de ses achats d’or, en s’affranchissant de l’intermédiation directe de la Banque du Ghana. L’institution a mobilisé 75 millions de dollars auprès des banques commerciales, une opération qui pourrait redéfinir le financement de l’agrégation aurifère dans le pays.
Le Ghana Gold Board (GoldBod) vient de tester une nouvelle approche pour financer ses opérations d’achat et d’agrégation d’or. L’institution publique a levé 75 millions de dollars directement auprès des banques commerciales, sans passer par la Banque du Ghana (BoG) comme intermédiaire, selon son directeur général, Sammy Gyamfi.
Finalisée le 3 août 2026 en moins de 48 heures, cette opération constitue le premier test majeur du nouveau modèle de financement adopté par GoldBod. Une évolution majeure dans la manière dont l’institution mobilise les ressources nécessaires à ses activités aurifères.
Dans l’ancien dispositif, GoldBod intervenait comme agent d’achat pour la Banque du Ghana dans le cadre du programme national d’achat d’or domestique, un rôle qu’elle avait hérité de la Precious Minerals Marketing Company (PMMC).
La banque centrale fournissait alors les fonds nécessaires à l’acquisition de l’or, puisqu’elle en était l’acheteur principal et en prenait finalement possession dans le cadre du programme.
Le nouveau mécanisme modifie cette architecture. GoldBod est désormais en mesure de mobiliser directement des financements auprès des banques commerciales et d’accéder aux devises nécessaires à ses opérations sans que la banque centrale joue le rôle d’intermédiaire.
« La transaction de 75 millions de dollars US a démontré que GoldBod peut entrer sur le marché, lever des fonds et accéder aux devises dont elle a besoin sans que la Banque du Ghana n’agisse comme intermédiaire », a expliqué Sammy Gyamfi.
L’opération a notamment consisté à convertir l’équivalent en cedis des 75 millions de dollars directement sur le marché bancaire commercial, sans intervention de la BoG.
Ce changement donne aux banques commerciales un rôle beaucoup plus important dans le financement des opérations aurifères de GoldBod.
L’institution traite désormais directement avec elles pour mobiliser les devises générées par ses activités aurifères. L’objectif est de financer l’agrégation de l’or et faciliter la circulation des devises étrangères vers les entreprises à travers le système bancaire commercial.
Pour GoldBod, cette évolution devrait également permettre de réduire les coûts associés à l’intermédiation de la banque centrale.
Sammy Gyamfi a tenu à préciser que l’ancien rôle de la Banque du Ghana ne signifiait pas que les réserves de change de la banque centrale étaient utilisées pour financer les achats d’or. Selon lui, la BoG intervenait principalement comme intermédiaire entre GoldBod et les banques commerciales afin de faciliter la composante devises des transactions.
L’or devient un levier majeur pour les réserves de change
Cette nouvelle stratégie intervient dans un contexte où l’or occupe une place croissante dans les recettes en devises du Ghana. Le gouvernement cherche notamment à accroître la part de la production aurifère transitant par les circuits formels et à utiliser les recettes d’exportation d’or pour renforcer les réserves extérieures du pays.
Sammy Gyamfi attribue d’ailleurs une partie de l’amélioration récente de la position extérieure du Ghana et de la solidité du cedi à l’augmentation des flux de devises générés par les opérations de GoldBod.
Le nouveau modèle dépasse donc la seule question du financement des achats d’or. Il s’inscrit dans une dynamique visant à mieux capter les devises issues de la filière aurifère et à les intégrer davantage au système financier formel.
Vers un financement de long terme
GoldBod ne compte pas s’arrêter à cette première opération de 75 millions de dollars. L’institution et le ministère ghanéen des Finances travaillent déjà sur de nouveaux mécanismes afin de mettre en place une structure de financement à plus long terme.
Cette réflexion intervient alors que GoldBod entend accroître ses opérations d’agrégation et d’exportation d’or. L’examen est mené en collaboration avec le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson.
La capacité de GoldBod à accéder directement au marché bancaire pourrait ainsi devenir un élément central de son modèle économique, à mesure que ses responsabilités dans la chaîne aurifère ghanéenne s’élargissent.
Par Drissa Ouattara


