La Centrafrique inaugure une centrale solaire de 50 MW, avec stockage, pour accroître de plus de 60 % sa production électrique

La République centrafricaine vient de renforcer son infrastructure énergétique avec l’inauguration d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 50 mégawatts (MW) près de Bangui. Le projet, présenté comme l’un des plus importants investissements récents dans le secteur énergétique du pays, devrait permettre d’augmenter de plus de 60 % la production nationale d’électricité.

Développée par Global South Utilities (GSU), entreprise basée à Abu Dhabi, la centrale est implantée à environ 10 kilomètres de la capitale centrafricaine. Elle est équipée d’un système de stockage par batteries d’une capacité de 15 mégawattheures (MWh), destiné à améliorer la disponibilité et la fiabilité de l’électricité produite. Selon GSU, les travaux ont été réalisés en seulement dix mois.

La nouvelle installation devrait fournir de l’électricité à plus de 300 000 foyers, dans un pays confronté depuis plusieurs années à un important déficit énergétique. La situation reste particulièrement préoccupante en matière d’accès à l’électricité. Selon les données de la Banque mondiale, seulement 18,2 % de la population centrafricaine avait accès à l’électricité en 2024.

Dans ce contexte, la mise en service de cette centrale constitue un apport majeur pour le réseau électrique national. L’objectif est notamment de renforcer l’approvisionnement des ménages, des entreprises et des activités industrielles, régulièrement affectés par les pénuries d’électricité.

Le projet a bénéficié d’un financement concessionnel du Fonds d’Abou Dhabi pour le développement. Pour Ali Alshimmari, directeur général de Global South Utilities, cet appui financier a joué un rôle déterminant dans la réalisation de l’infrastructure. Le recours à des financements concessionnels apparaît ainsi comme un levier essentiel pour accélérer les investissements énergétiques dans les pays africains confrontés à d’importants besoins en infrastructures.

La présence d’un système de stockage par batteries constitue également un élément stratégique de la centrale. Cette technologie permet de conserver une partie de l’électricité produite pendant les périodes de fort ensoleillement et de la restituer lorsque la production solaire diminue ou lorsque la demande augmente. Elle contribue ainsi à réduire l’intermittence inhérente à l’énergie solaire et à améliorer la stabilité de l’approvisionnement.

Pour GSU, cette centrale vient compléter un portefeuille d’investissements renouvelables en Afrique centrale. L’entreprise a notamment développé une autre centrale solaire de 50 MW au Tchad, confirmant son positionnement sur un marché régional où les besoins en capacités de production électrique restent considérables.

En République centrafricaine, le déficit énergétique constitue depuis longtemps un frein au développement économique. Les coupures et les pénuries d’électricité affectent directement les ménages, mais aussi les entreprises et les unités industrielles, limitant leur capacité à fonctionner de manière régulière et à investir dans de nouvelles activités.

Face à cette situation, Bangui cherche à attirer davantage de capitaux privés et de partenariats internationaux afin d’accroître ses capacités de production. La question énergétique occupe également une place croissante dans les relations diplomatiques du pays. En mars dernier, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra avait sollicité l’appui de son homologue russe Vladimir Poutine pour répondre aux défis énergétiques auxquels le pays est confronté.

L’entrée en service de cette centrale solaire de 50 MW intervient donc dans un contexte où la République centrafricaine cherche à réduire son déficit énergétique et à diversifier son mix électrique. Au-delà de l’augmentation annoncée de la production nationale, le projet illustre le rôle croissant des financements internationaux du développement et des investissements privés dans l’extension de l’accès à l’électricité en Afrique.

Avec une capacité supplémentaire de 50 MW et 15 MWh de stockage, l’infrastructure pourrait ainsi contribuer à améliorer l’offre énergétique autour de Bangui et à soutenir l’activité économique.

Par Amhed Coulibaly

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet