Le Burkina Faso améliore sa position sur la carte des investissements directs étrangers. Selon les données du World Investment Report 2026 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) intitulé « L’investissement international à l’ère des turbulences », les flux d’investissements directs étrangers (IDE) à destination du Burkina Faso sont passés d’un solde négatif de 121,2 milliards de FCFA en 2024 à un flux positif de 187,2 milliards de FCFA en 2025. Soit un redressement de 308,4 milliards de FCFA en une seule année. La CNUCED publie chaque année des données comparables sur les flux et les stocks d’IDE par pays.
Ce retournement constitue un signal favorable pour l’économie burkinabè. Il suggère que les flux nets de capitaux liés aux investissements directs étrangers se sont nettement améliorés en 2025, après une année 2024 marquée par un solde négatif.
Dans le même temps, le stock d’IDE détenu par les investisseurs étrangers au Burkina Faso s’est également renforcé. Il est passé de 1 927,2 milliards de FCFA en 2024 à 2 374,8 milliards de FCFA en 2025, soit une augmentation de 447,6 milliards de FCFA, correspondant à une progression d’environ 23,2 %. Ce stock mesure la valeur cumulée des investissements directs étrangers présents dans l’économie burkinabè à une date donnée.
Le mouvement est différent du côté des investissements réalisés par les Burkinabè à l’étranger. Les flux d’IDE sortants sont passés de 34,2 milliards de FCFA en 2024 à 18 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse de 16,2 milliards de FCFA, ou environ 47,4 %.
En revanche, le stock d’investissements directs détenus par les Burkinabè à l’étranger a progressé. Il est passé de 279,6 milliards de FCFA en 2024 à 334,8 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 55,2 milliards de FCFA, correspondant à une progression de près de 19,7 %. Le contraste entre la baisse des nouveaux flux et l’augmentation du stock s’explique par le caractère cumulatif de cet indicateur : les investissements réalisés au cours des années précédentes continuent d’être comptabilisés dans le stock.
Pourquoi cette amélioration d’IDE est importante
Cette amélioration des indicateurs d’IDE intervient dans un contexte où le Burkina Faso cherche précisément à renforcer son attractivité auprès des capitaux privés et étrangers. En octobre 2025, le pays a organisé la première édition du Forum international « Investir au Burkina Faso », consacré à la promotion des opportunités d’investissement et aux projets structurants. L’événement a mobilisé plus de 1 200 participants, dont 400 investisseurs issus de 48 pays.
En marge de ce forum, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a reçu au Palais de Koulouba une délégation d’investisseurs. Cette rencontre s’inscrivait dans la volonté des autorités de présenter le Burkina Faso comme une terre d’opportunités et de promouvoir un environnement d’affaires plus attractif. Le Chef de l’État a notamment mis en avant l’existence d’un cadre juridique destiné à protéger les investissements nationaux et étrangers ainsi que les opportunités offertes par l’économie burkinabè.
« Il y a beaucoup d’opportunités au Burkina Faso et nous sommes là pour accompagner de manière durable, dans le respect du Code des investissements du Burkina Faso », avait déclaré le Président du Faso aux investisseurs. Il les avait également exhortés à bannir la corruption dans la recherche et l’exécution des marchés publics, en défendant une approche fondée sur davantage de transparence.
Une amélioration en Afrique de l’Ouest
La progression des IDE burkinabè intervient par ailleurs dans un environnement ouest-africain relativement dynamique. Selon les données du World Investment Report 2026, l’Afrique de l’Ouest a enregistré une forte progression de ses flux d’IDE en 2025, portée notamment par d’importantes opérations dans les ressources naturelles et l’énergie en Guinee et au Nigeria. Les flux d’IDE dans la région ont atteint 11 760 milliards de FCFA, soit une hausse de 44,2 % sur un an. La dynamique régionale contraste avec l’évolution globale des investissements en Afrique, qui restent marqués par une forte concentration des capitaux dans un nombre limité de pays, de secteurs et de grands projets. Les entrées d’IDE sur le continent ont reculé à 41 700 milliards de FCFA, contre 55 380 milliards de FCFA en 2024.
Par Drissa Ouattara


