Le Parlement sénégalais a ordonné une enquête sur une série de transactions de swap de rendement total (TRS) utilisées par l’État pour mobiliser environ 1 milliard d’euros, soit près de 656 milliards de FCFA. Cette décision ouvre un nouvel examen sur le recours du gouvernement à ces instruments dérivés pour financer le budget et répondre à ses besoins de financement.
L’Assemblée nationale va mettre en place une commission d’enquête non partisane, composée de députés issus des différents groupes politiques. Selon un communiqué publié sur son site, la commission commencera ses travaux après la nomination officielle de ses membres et disposera d’un délai maximal de six mois pour mener ses investigations et remettre son rapport au président du Parlement.
Ces opérations avaient été utilisées alors que le Sénégal faisait face à un accès limité aux marchés internationaux de capitaux. Le gouvernement avait défendu cette stratégie comme une alternative moins coûteuse aux émissions classiques d’euro-obligations.
Le ministre sénégalais des Finances, Cheikh Diba, avait indiqué que les TRS permettaient au pays d’obtenir des financements à un rendement d’environ 7 %, contre 11 % à 12 % pour les émissions traditionnelles d’euro-obligations. Selon lui, ces opérations auraient permis au Sénégal de réaliser environ 36 milliards de FCFA d’économies, soit près de 64 millions de dollars.
D’après le ministère des Finances, le Sénégal a conclu sept transactions TRS entre avril et novembre 2025. Depuis, ces opérations font l’objet d’un examen accru, dans un contexte marqué par les efforts des autorités pour restaurer la crédibilité des finances publiques après les controverses liées à l’exactitude des données antérieures sur la dette du pays.
Un swap de rendement total est un contrat dérivé permettant de transférer entre deux parties le rendement économique et les risques associés à un actif sous-jacent. Utilisé comme mécanisme de financement, il peut permettre à un État d’accéder à des ressources sans recourir directement à une émission obligataire classique. Son traitement dans l’évaluation de la dette publique dépend toutefois de la structure et des modalités de l’opération.
L’enquête parlementaire intervient ainsi dans un contexte sensible pour les finances publiques sénégalaises. Le gouvernement cherche à renforcer la transparence autour de ses opérations d’emprunt, alors que le niveau d’endettement et les controverses passées sur les données financières continuent de peser sur ses relations avec les bailleurs et les investisseurs internationaux.
Avec un délai de six mois, la commission pourrait rendre ses conclusions au plus tard au début de 2027, sous réserve de son installation effective.
Par Amhed Coulibaly


