Atomic Eagle a conclu un accord avec les autorités nigériennes pour récupérer une participation de 60 % dans le projet et en reprendre le contrôle opérationnel. Cette entente met également un terme au contentieux né de l’expropriation du projet en 2024 et redonne à l’actif une perspective de développement.
Madaouela renferme une ressource estimée à 116,5 millions de livres d’U₃O₈, soit environ 52 844 tonnes d’oxyde d’uranium, à une teneur moyenne de 1 282 ppm. À travers cet accord, Atomic Eagle renforce ainsi considérablement son portefeuille dans l’uranium et ajoute un deuxième projet avancé à son principal actif, Muntanga, en Zambie.
La nouvelle répartition du capital prévoit 60 % pour Atomic Eagle et 40 % pour l’État du Niger. Sur cette participation publique, 15 % seront détenus gratuitement par l’État et les 25 % restants correspondront à une participation financée par contribution.
L’accord prévoit également un nouveau permis d’exploitation de dix ans au bénéfice de Madaouela Mining Company, la société chargée du projet. Il apporte par ailleurs un cadre de stabilité juridique et fiscale destiné à sécuriser les conditions d’exploitation pendant la durée du permis.
Un règlement qui met fin au contentieux
Le retour d’Atomic Eagle à Madaouela intervient après une période particulièrement tendue entre le groupe et le gouvernement nigérien. Le projet avait été exproprié en 2024 alors qu’il était encore détenu par GoviEx Uranium, devenue depuis Atomic Eagle à la suite de sa fusion avec Tombador Iron en novembre 2025.
Cette situation avait conduit l’entreprise à engager une procédure d’arbitrage international. La conclusion de la nouvelle convention minière prévoit désormais le retrait de cette procédure dans les sept jours suivant la signature de l’accord.
La nouvelle convention s’accompagne d’engagements financiers précis. Atomic Eagle doit verser 5 millions de dollars US, soit 3 milliards de FCFA, dans les 30 jours suivant la délivrance du permis d’exploitation. Un montant équivalent sera ensuite versé au démarrage des travaux.
L’entreprise disposera également d’un crédit de 40 millions de dollars US, correspondant à 24 milliards de FCFA, sur les apports en fonds propres du gouvernement.
Le dispositif encadre aussi les modalités de commercialisation de la future production. Les droits d’achat de l’État nigérien sont notamment plafonnés à 50 % de la production.
Un potentiel de plus de 116 millions de livres d’uranium
Madaouela constitue un actif de taille pour Atomic Eagle. La ressource minérale est estimée à 116,5 millions de livres d’U₃O₈, réparties entre 96,9 millions de livres de ressources mesurées et indiquées et 19,6 millions de livres de ressources présumées.
Le gisement couvre environ 122,9 km² dans la zone d’Arlit et bénéficie d’un important historique d’exploration, avec près de 600 000 mètres de forages réalisés. Ces travaux constituent une base technique sur laquelle le groupe compte s’appuyer pour réévaluer le potentiel du projet.
Atomic Eagle prévoit notamment de convertir l’estimation actuelle en une ressource conforme au référentiel du Joint Ore Reserves Committee (JORC) d’ici la fin de 2026. Des travaux de vérification et d’optimisation technique ont déjà commencé.
Pour Phil Hoskins, PDG d’Atomic Eagle, le nouvel accord marque ainsi une étape majeure dans la stratégie du groupe. La récupération de Madaouela doit permettre à l’entreprise d’élargir sa base de ressources en uranium tout en renouant avec un projet qui dispose déjà d’un important historique de travaux techniques.
Par Leila Toé


