Le gouvernement ghanéen veut apporter une réponse structurelle à la crise du logement qui touche particulièrement les ménages urbains. Accra prépare un Programme national de logement destiné à accroître l’offre de logements, faciliter l’accès à la propriété et réduire la pression sur les loyers. En parallèle, une enveloppe de 24,6 milliards FCFA est déjà prévue pour lancer un programme de logements dans plusieurs districts.
Le Ghana entend s’attaquer durablement à sa crise du logement en misant sur l’augmentation de l’offre plutôt que sur les seules mesures de régulation du marché locatif. Le président John Dramani Mahama a annoncé la mise en place prochaine d’un Programme national de logement destiné à accroître significativement le nombre de logements disponibles, à faciliter l’accession des ménages à la propriété et à réduire la pression exercée par la hausse des loyers.
Le nouveau dispositif doit être officiellement présenté au Parlement par le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, à l’occasion de la présentation du budget 2027. Pour le gouvernement, l’augmentation de l’offre constitue la principale réponse structurelle à une crise qui pénalise particulièrement les ménages vivant dans les zones urbaines.
La question des loyers occupe une place importante dans cette nouvelle politique. Le président Mahama a notamment reconnu les difficultés liées à l’application de la réglementation qui plafonne à six mois les avances sur loyer exigées par les propriétaires. Dans un contexte marqué par une pénurie de logements, les locataires disposent d’une marge de négociation limitée et peuvent hésiter à dénoncer certaines pratiques par crainte de perdre leur logement sans disposer d’une solution alternative.
L’exécutif ghanéen entend donc privilégier une approche structurelle en augmentant le nombre de logements disponibles. L’objectif est de rééquilibrer progressivement le rapport entre l’offre et la demande sur le marché locatif et, à terme, de contribuer à une baisse de la pression exercée sur les ménages.
La stratégie gouvernementale ne se limite toutefois pas au marché de la location. Accra veut également faciliter l’accession à la propriété pour les ménages disposant de revenus réguliers mais qui restent exclus du marché immobilier en raison du coût élevé du financement. Le gouvernement travaille ainsi avec le secteur financier et plusieurs institutions spécialisées afin de proposer, en collaboration avec le Fonds pour l’accès à la propriété, des produits hypothécaires adaptés aux capacités de remboursement des ménages et assortis de taux d’intérêt plus faibles.
Cette composante financière est considérée comme déterminante pour la réussite de la politique. L’augmentation du nombre de logements ne suffira pas à elle seule à résoudre la crise si les ménages ne disposent pas de mécanismes de financement leur permettant effectivement d’acquérir ces biens.
En attendant le déploiement du programme national, le gouvernement a déjà inscrit dans son budget 2026 une enveloppe de 500 millions de cedis ghanéens, soit environ 45 millions de dollars ou 24,6 milliards FCFA, pour financer un programme de logements de district.
Mis en œuvre par le ministère des Travaux publics, du Logement et des Ressources en eau, ce dispositif doit permettre de lancer la construction de logements dans plusieurs districts avant la fin de l’année. Cette première phase doit constituer le point de départ d’un plan quadriennal visant à favoriser un accès plus équitable au logement dans l’ensemble des régions du Ghana.
Parallèlement, le gouvernement accélère la relance du projet de logements abordables de Saglemli, présenté comme l’un des projets emblématiques de cette politique. Lors d’une visite destinée à évaluer l’état d’avancement du chantier, le promoteur LMI Holdings a annoncé un calendrier précis pour la livraison des logements.
Sur les 1 500 unités prévues, les 700 premiers logements doivent être achevés et mis sur le marché d’ici mars 2027, tandis que les 800 unités restantes devraient être livrées d’ici décembre 2027. Le programme comprend différents types de logements, notamment des appartements et des maisons de ville allant d’une à trois chambres.
Une dimension sociale importante est également prévue : 40 % des logements bénéficieront de subventions importantes afin de les rendre accessibles aux ménages à faibles revenus. Cette composante doit permettre au projet de répondre à l’objectif gouvernemental d’élargir l’accès au logement abordable.
La relance de Saglemli intervient après une longue période d’interruption. Le président Mahama a exprimé ses regrets concernant les retards accumulés, rappelant que le projet avait été lancé sous la présidence de feu John Evans Atta Mills et poursuivi lors de son précédent mandat. Le changement de gouvernement avait ensuite entraîné la suspension du chantier, avec des conséquences importantes sur les infrastructures déjà construites.
Selon le président, cette interruption a notamment permis à des individus de pénétrer sur le site et de dérober une partie des équipements, notamment des câbles électriques, des lavabos, des baignoires, de la robinetterie et des infrastructures de télécommunications. La reprise des travaux nécessite donc une nouvelle mobilisation afin de remettre en état les infrastructures et les bâtiments déjà construits.
Par Amhed Coulibaly


