Le groupe sud-africain MTN, premier opérateur télécom panafricain, s’associe à l’investisseur basé à Dubaï Tarek Al Ashram pour développer une infrastructure de centres de données dédiée à l’intelligence artificielle en Afrique. Une première capacité de 150 mégawatts est prévue, alors que le continent représente actuellement moins de 1 % de la capacité mondiale des data centers IA.
Le développement de l’intelligence artificielle en Afrique pourrait ouvrir un nouveau marché stratégique pour les infrastructures numériques. Pour se positionner sur cette tendance, MTN a conclu un partenariat avec l’investisseur basé à Dubaï Tarek Al Ashram afin de développer des centres de données à grande échelle sur le continent.
La nouvelle entreprise, Africa Data Hub Holding Ltd., bénéficiera du soutien financier de la société d’investissement d’Al Ashram. Le projet doit notamment permettre de construire des infrastructures capables d’héberger les charges informatiques liées à l’essor de l’intelligence artificielle, aussi bien pour MTN que pour des entreprises, des fournisseurs de cloud et des administrations publiques.
« Nous voyons un potentiel significatif pour apporter notre expérience dans le développement et l’exploitation de plateformes de centres de données à grande échelle sur les marchés africains », a déclaré Tarek Al Ashram.
MTN entend avancer progressivement dans ce nouveau secteur. Le directeur général du groupe, Ralph Mupita, a indiqué que l’opérateur prévoit dans un premier temps de développer 150 mégawatts de capacité de centres de données IA.
« L’approche que nous adoptons pour développer notre activité IA est de collaborer avec des tiers », a expliqué le dirigeant, soulignant l’expérience de son partenaire dans la construction et l’exploitation de centres de données aux Émirats arabes unis.
Les premières installations sont prévues notamment au Nigeria et en Afrique du Sud. Elles devront répondre aux besoins informatiques de MTN, mais également être mises à la disposition de grands fournisseurs de services cloud, de clients entreprises et d’acteurs publics.
Le groupe travaille déjà à la sécurisation des terrains et à la négociation des contrats d’approvisionnement en électricité nécessaires au déploiement progressif de ces infrastructures.
L’enjeu est particulièrement important alors que l’utilisation de l’intelligence artificielle progresse rapidement auprès des entreprises et des administrations africaines.
Malgré une population jeune et une économie numérique en expansion, le continent dispose actuellement de moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données dédiés à l’IA, selon les données citées du Forum économique mondial.
Cette faiblesse des infrastructures constitue à la fois un retard et une opportunité d’investissement. Pour Tarek Al Ashram, l’Afrique présente une dynamique comparable à celle observée au Moyen-Orient au cours des dernières années, avec une demande croissante en capacité informatique, des économies numériques en développement et des besoins importants en infrastructures résilientes et évolutives.
Par Drissa Ouattara


