Africa Finance Corporation (AFC) renforce son dispositif de gestion des risques avec la création d’une compagnie d’assurance captive aux Bermudes. Le groupe panafricain de financement des infrastructures a annoncé, ce lundi 31 août 2026 à Lagos, la mise en place d’AFC Captive Insurance Company Ltd, une filiale détenue à 100 % et dotée d’un capital-actions pouvant atteindre 30 millions de dollars, soit environ 18 milliards de FCFA.
Cette nouvelle structure doit permettre à AFC de mieux maîtriser les risques liés à ses opérations de financement et, surtout, d’optimiser progressivement son recours à l’assurance commerciale externe. AFC Captive assurera, dans un premier temps, les prêts accordés par la Corporation à ses contreparties.
Réduire la dépendance à l’assurance externe
AFC Captive bénéficie d’une licence d’assureur de classe 2 aux Bermudes. Dans sa phase initiale, son activité sera concentrée sur la couverture des prêts d’AFC. Mais son périmètre pourra ensuite être élargi aux filiales du groupe ainsi qu’à certains tiers.
Jusqu’à 20 % de la capacité de souscription de la captive pourra ainsi être consacrée à ces entreprises externes. Ce mécanisme doit permettre à AFC de reprendre en interne une partie des risques aujourd’hui transférés au marché de l’assurance commerciale.
L’objectif n’est donc pas uniquement de disposer d’une couverture supplémentaire, mais de développer une capacité de gestion et de structuration des risques directement intégrée à son modèle de financement.
Cette évolution intervient alors que le coût et la disponibilité des couvertures d’assurance constituent des paramètres importants dans le montage de grands projets d’infrastructures en Afrique. Pour AFC, la captive pourrait ainsi offrir davantage de flexibilité dans la structuration des transactions et réduire son exposition aux conditions parfois contraignantes du marché de l’assurance.
Un levier pour améliorer l’efficacité du capital
L’enjeu financier est particulièrement important pour AFC. En développant sa propre capacité d’assurance, l’institution entend optimiser l’utilisation de ses ressources et accroître sa capacité à déployer des capitaux.
« En utilisant l’assurance de manière plus stratégique, nous pouvons accroître la capacité du marché, améliorer l’efficacité du capital et débloquer des financements pour des projets qui seraient autrement limités par des assurances externes insuffisantes ou coûteuses », a expliqué Wola Asase, directrice adjointe et responsable des syndications chez AFC, qui dirigera également AFC Captive.
La captive constitue ainsi un nouvel instrument dans la stratégie de mobilisation de capitaux d’AFC, à côté de ses activités traditionnelles de prêts, de syndication et de financement de projets.
Vers une offre d’assurance destinée aux projets africains
Au-delà de la couverture des prêts d’AFC, la nouvelle compagnie doit également permettre au groupe de développer une expertise propre dans le domaine de l’assurance et de l’atténuation des risques liés aux infrastructures.
À terme, AFC envisage d’élargir les solutions proposées à un éventail plus large de clients tiers. La captive pourrait ainsi évoluer d’un outil principalement destiné à la gestion interne des risques vers une plateforme spécialisée dans les solutions d’assurance et de mitigation des risques pour les investissements africains.
Pour Samaila Zubairu, directeur général d’AFC, cette évolution répond directement à l’ampleur des besoins en infrastructures du continent. « Les besoins en infrastructures de l’Afrique exigent des approches novatrices qui nous permettent de mobiliser davantage de capitaux et d’étendre notre capacité de financement sur le continent », a-t-il indiqué.
Par David Yaméogo


