Afrique de l’Ouest : 55 transactions de fusions-acquisitions enregistrées au premier semestre 2026 pour une valeur de 537,6 millions de dollars

L’Afrique de l’Ouest s’impose comme le marché le plus actif du continent en matière de fusions-acquisitions au premier semestre 2026. Selon DealMakers AFRICA, 55 opérations ont été recensées dans la région entre janvier et juin, soit près d’un tiers de l’ensemble des transactions enregistrées en Afrique hors Afrique du Sud.

Le marché africain des fusions-acquisitions a fait preuve de résilience au premier semestre 2026, malgré un environnement international marqué par davantage de prudence. D’après le rapport « DealMakers AFRICA – M&A Analysis H1 2026 », la valeur totale des opérations recensées sur le continent, hors Afrique du Sud, s’est établie à 5,58 milliards de dollars, en baisse de 10 % sur un an. Le nombre de transactions a également reculé, avec 166 opérations, contre un niveau supérieur de près de 13 % à la même période de 2025.

Dans ce contexte de ralentissement général, l’Afrique de l’Ouest constitue la région la plus dynamique du continent, avec 55 opérations, devant l’Afrique de l’Est, qui en compte 39, et l’Afrique du Nord, avec 34. Les 55 transactions ouest-africaines représentent ainsi 33,1 % de l’ensemble des opérations recensées en Afrique hors Afrique du Sud au cours des six premiers mois de l’année.

La région affiche une valeur cumulée de 537,6 millions de dollars pour les transactions dont le montant a été communiqué. Ce chiffre reste toutefois partiel, plusieurs opérations enregistrées au Cap-Vert et au Mali, ainsi que certaines transactions régionales, n’ayant pas fait l’objet d’une valorisation publique. À elle seule, l’Afrique de l’Ouest concentre ainsi près de 9,6 % de la valeur totale des opérations africaines comptabilisées par DealMakers AFRICA, en tenant compte uniquement des montants divulgués.

Le Nigeria domine très nettement la région en matière de volume avec 39 opérations, soit plus de 70 % des transactions ouest-africaines recensées. Le pays figure également parmi les principaux moteurs de l’activité africaine, derrière le Kenya en nombre d’opérations. Sa valeur de transactions déclarée atteint 105,8 millions de dollars, tandis que les opérations de private equity recensées représentent 91,65 millions de dollars.

Le Ghana constitue pour sa part le deuxième grand pôle de l’activité ouest-africaine. Le pays a enregistré 7 opérations, pour une valeur déclarée de 205 millions de dollars. La Côte d’Ivoire arrive ensuite avec 3 transactions, représentant 15 millions de dollars, tandis que le Sénégal compte 2 opérations, pour 1,8 million de dollars. Le Cap-Vert et le Mali enregistrent chacun une transaction, mais sans valeur communiquée.

Au-delà du nombre d’opérations, la structure des transactions témoigne d’un intérêt toujours marqué des investisseurs pour les secteurs stratégiques de l’économie ouest-africaine. À l’échelle du continent, l’énergie en amont et le secteur minier continuent notamment d’attirer des acquéreurs à la recherche d’opportunités de croissance à long terme. DealMakers AFRICA relève ainsi plusieurs transactions majeures en Angola, au Ghana et en Guinée équatoriale, pour une valeur cumulée de 1,21 milliard de dollars.

Le financement par le private equity conserve également une place importante dans l’écosystème africain, même si cette activité connaît elle aussi un ralentissement. 76 opérations de private equity ont été recensées au premier semestre 2026. Le rapport souligne que cette baisse s’inscrit dans une tendance observée depuis 2023, année au cours de laquelle 136 transactions de cette nature avaient été enregistrées. Cette évolution traduit à la fois une plus grande prudence des investisseurs et les difficultés persistantes liées aux sorties d’investissement sur les marchés africains.

L’écosystème des start-up demeure néanmoins résilient. Selon les données citées par DealMakers AFRICA à partir du rapport Africa: The Big Deal, la fintech conserve la première place en matière de financement, suivie par la logistique et le transport. L’agriculture et l’agroalimentaire, la gestion des déchets ainsi que l’énergie et l’eau complètent le Top 5.

Autre évolution notable : la structure du financement des start-up africaines tend désormais vers un équilibre entre dette et fonds propres. Cette configuration marque une rupture avec la situation observée 12 à 18 mois auparavant, lorsque les financements étaient nettement plus dominés par les opérations en equity.

Pour l’Afrique de l’Ouest, ces tendances sont particulièrement importantes. La profondeur des marchés nigérian et ghanéen, le développement des services financiers, l’essor de la fintech, les besoins considérables en infrastructures et en énergie ainsi que les opportunités liées à la transformation des ressources naturelles continuent de créer un important réservoir d’opportunités pour les investisseurs.

Malgré les incertitudes géopolitiques et le durcissement des conditions d’investissement, les fondamentaux de long terme du continent restent donc solides. Urbanisation rapide, abondance des ressources naturelles, transition énergétique et progression de la classe moyenne constituent autant de facteurs susceptibles de continuer à soutenir les opérations de fusions-acquisitions et les investissements privés dans les prochaines années.

Par Drissa Ouattara

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