Ghana : une usine textile de 6,69 milliards FCFA ouvre à Savelugu, avec 10 000 emplois à terme et un objectif d’exportation

Le président ghanéen John Dramani Mahama a inauguré à Savelugu, dans la région du Nord, une nouvelle usine de confection destinée à renforcer la production textile locale. Northshore Apparel Ghana Limited entend également soutenir l’emploi des jeunes et développer les exportations de vêtements du pays.

D’un coût de 10,2 millions d’euros, soit environ 6,69 milliards de FCFA, l’usine dispose actuellement de 50 lignes de production. Elle fabrique notamment des vêtements de sport et de travail, des articles pour enfants ainsi que des sous-vêtements destinés au marché ghanéen et, à terme, aux marchés extérieurs.

Le site emploie déjà plus de 2 300 personnes. Parmi elles figurent 40 travailleurs malentendants, illustrant la volonté de l’entreprise d’intégrer davantage de profils dans ses effectifs. Sa direction prévoit une première expédition à l’exportation dès octobre.

À terme, les effectifs de Northshore pourraient atteindre environ 10 000 personnes lorsque l’usine fonctionnera à pleine capacité. Le gouvernement voit cependant plus grand avec la création d’un pôle industriel autour du site. Selon John Dramani Mahama, cet ensemble pourrait générer au moins 30 000 emplois pour les jeunes de la région.

Depuis plusieurs années, la zone est confrontée à un déplacement de sa population active vers le sud du pays. Le projet ambitionne ainsi de retenir les jeunes dans le nord du Ghana en leur offrant des perspectives professionnelles sur place. Pour le gouvernement, le développement d’activités industrielles en dehors des principaux centres économiques doit permettre de rapprocher les opportunités d’emploi des populations concernées.

Le modèle retenu par Northshore repose justement sur une activité industrielle en continu. L’usine doit fonctionner 24 heures sur 24 grâce à un système de rotation des équipes, avec l’objectif d’augmenter progressivement les volumes produits tout en multipliant les possibilités d’embauche.

Le gouvernement souhaite également agir sur la demande afin de soutenir les industriels locaux. John Dramani Mahama a annoncé une révision du dispositif de marchés publics pour favoriser davantage les produits fabriqués au Ghana.

Il s’agit notamment d’identifier, avec l’Autorité ghanéenne des normes, les produits locaux répondant aux standards requis afin d’orienter les achats des administrations publiques, des écoles et des établissements hospitaliers vers ces productions.

Une telle politique pourrait ouvrir un débouché supplémentaire, alors que le pays cherche à réduire sa dépendance aux produits importés. Elle vise aussi à créer un cercle plus favorable à l’investissement : davantage de commandes locales, des capacités de production renforcées et, à terme, une progression des exportations.

Des financements ghanéens et allemands

La réalisation du projet a bénéficié de plusieurs sources de financement. Le consortium formé autour de MIK Designs et MUSOF Enterprise a pris en charge 75 % du coût de l’investissement. Le quart restant a été financé par le dispositif allemand d’investissement pour l’emploi, administré par la banque de développement KfW pour le compte du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement.

La Ghana Export-Import Bank et la Agricultural Development Bank ont également participé au financement du projet. Pour la GEXIM Bank, cet accompagnement s’inscrit dans sa stratégie de soutien à l’industrialisation et aux entreprises capables de développer une production destinée aussi bien au marché domestique qu’aux exportations.

Le caractère exportateur du projet constitue en effet l’un de ses principaux enjeux. Northshore estime que son implantation dans le nord ne constitue pas un handicap logistique, notamment en raison de sa proximité avec plusieurs marchés des pays voisins et de la disponibilité d’une main-d’œuvre locale.

Un modèle industriel plus durable

L’usine cherche par ailleurs à se distinguer par son modèle de production. Elle est présentée comme le premier centre ghanéen de fabrication de vêtements reposant sur une approche régénérative et zéro déchet.

La réduction des déchets et l’utilisation plus efficace des ressources doivent ainsi accompagner l’augmentation des capacités de production. Le projet veut démontrer qu’une implantation industrielle dans le nord du Ghana peut conjuguer création d’emplois, production à grande échelle et pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Par Bernadette W. Gansonré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

Sur le même sujet