Le Ghana renforce ses investissements publics dans la science, la recherche et l’intelligence artificielle. Le gouvernement du président John Dramani Mahama entend désormais faire de la recherche scientifique un levier davantage connecté aux besoins de l’économie, avec l’ambition de transformer les résultats des laboratoires et des universités en solutions concrètes, en entreprises et en emplois.
Dans cette dynamique, les autorités ont lancé le Ghana National Research Fund, doté de 100 millions de cédis ghanéens, soit environ 8,88 millions de dollars, pour l’année 2026. À cet effort s’ajoute un engagement de 250 millions de dollars destiné à la construction d’un centre national de calcul dédié à l’intelligence artificielle. Ces deux initiatives placent le financement de la recherche et le développement des infrastructures numériques au cœur de la stratégie technologique du Ghana.
Le président Mahama souhaite notamment renforcer les passerelles entre les universités, les institutions de recherche et le secteur privé. À ses yeux, les compétences développées par les scientifiques et les jeunes professionnels de la technologie doivent davantage être mobilisées pour répondre aux défis auxquels fait face l’économie ghanéenne, notamment dans l’agriculture, la santé, l’énergie, l’industrie manufacturière et l’économie numérique.
L’enjeu pour Accra dépasse ainsi la seule production scientifique. Le gouvernement veut réduire le fossé entre les résultats de la recherche et leur application dans l’économie réelle. L’objectif est de permettre aux chercheurs de bénéficier de ressources suffisantes pour développer des innovations susceptibles d’être transformées en produits, services et solutions répondant aux besoins des entreprises et des populations.
Lancé en juin, le Ghana National Research Fund doit notamment financer des projets de recherche compétitifs, des programmes de formation doctorale et postdoctorale, ainsi que des mécanismes numériques de gestion des subventions. Le fonds doit également soutenir des projets considérés comme prioritaires pour le développement du pays.
Les orientations retenues pour la période 2026-2030 mettent l’accent sur le développement des talents scientifiques, le financement compétitif de la recherche, le renforcement des partenariats avec l’industrie et la consolidation des institutions de recherche. Le président Mahama a par ailleurs appelé les chercheurs à concentrer davantage leurs travaux sur des enjeux tels que la sécurité alimentaire, la résilience face au changement climatique, la santé et la gouvernance.
Cette nouvelle orientation vise également à encourager la commercialisation des résultats de la recherche. Pour les autorités ghanéennes, les découvertes scientifiques ne doivent plus se limiter aux publications académiques, mais doivent pouvoir déboucher sur des technologies, des produits et des services commercialisables capables de créer de la valeur et des emplois.
Cette mission incombe notamment à Zanetor Agyeman-Rawlings, nouvelle ministre de l’Environnement, des Sciences et de la Technologie, qui a prêté serment le 29 août. Elle devra contribuer à rapprocher davantage le système national de recherche des besoins du secteur productif et à renforcer les collaborations entre chercheurs, entrepreneurs et entreprises.
Le ministère, chargé des politiques et programmes relatifs à la science, à la technologie, à l’innovation et à l’environnement, devrait ainsi accorder une attention accrue à l’innovation appliquée. Le gouvernement souhaite notamment renforcer le soutien aux inventeurs locaux et favoriser une coopération plus étroite entre les universités, les centres de recherche et l’industrie.
Avec ces investissements, le Ghana cherche à se positionner davantage sur les technologies d’avenir, en particulier l’intelligence artificielle. La construction annoncée d’un centre national de calcul doté d’un financement de 250 millions de dollars pourrait fournir au pays une infrastructure stratégique pour développer les capacités nationales en matière d’IA, de traitement des données et de recherche computationnelle.
Par Amhed Coulibaly


