La Banque Agricole du Faso (BADF), détenue majoritairement par l’État burkinabè, augmente son capital social de 5 milliards de FCFA. Celui-ci passe de 17,43 milliards à 22,43 milliards de FCFA, permettant à la banque de dépasser le seuil réglementaire de 20 milliards de FCFA fixé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Selon des sources, la décision a été approuvée lors de l’Assemblée générale mixte de la BADF, tenue le 30 juin 2026 à Ouagadougou. Après examen des rapports du Conseil d’administration et des commissaires aux comptes, les actionnaires ont décidé d’augmenter le capital social de 5 000 000 000 FCFA.
L’opération a été réalisée par incorporation de prime d’émission, avec la création de 500 000 actions nouvelles gratuites, d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune. Le capital social de la banque est ainsi porté à 22 427 770 000 FCFA.
La BADF a ouvert ses guichets à la clientèle le 25 février 2019, avec pour ambition de jouer un rôle important dans le financement de l’économie burkinabè, en particulier dans le secteur agricole.
La banque exerce comme une banque universelle et propose des produits et services bancaires aux différents acteurs de l’économie. Toutefois, l’agriculture et le secteur rural constituent son principal domaine d’intervention.
La BADF est née de la volonté des autorités burkinabè de mettre en place une banque dédiée en priorité au financement du secteur rural, tout en accompagnant les autres secteurs considérés comme importants pour l’économie nationale.
Son objectif est notamment de proposer des solutions de crédit adaptées aux réalités et aux besoins des producteurs et des entreprises opérant dans le secteur agricole.
L’État burkinabè occupe une place centrale dans l’actionnariat de la banque. Selon la répartition , le secteur public détenait 87,55 % du capital, à travers le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) avec 63,04 %, la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) avec 14,01 % et la Loterie nationale burkinabè (LONAB) avec 10,51 %.
Le secteur privé et les associations du monde rural détenaient 7,38 %, tandis que les personnes physiques représentaient 5,07 %.
Cette structure fait de la BADF une banque à forte participation publique, avec une mission particulière dans le financement de l’économie agricole et rurale.
L’augmentation du capital intervient alors que la BADF reste une banque de taille relativement modeste dans le paysage bancaire burkinabè. Selon les données provisoires de la Commission bancaire de l’UMOA pour 2025, la BADF occupait la 14e place sur 16 banques au Burkina Faso en termes de total bilan, avec 156 milliards de FCFA. Elle comptait également 13 062 comptes, un réseau de 10 agences et 108 cadres.
Par Amhed Coulibaly


