La raffinerie Dangote s’apprête à faire son entrée en Bourse au Nigeria. L’offre, dont l’ouverture est annoncée dans les 10 à 12 prochains jours, pourrait atteindre 5 milliards de dollars et devenir la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée en Afrique.
La raffinerie de Dangote prépare son entrée sur le marché financier nigérian. Son propriétaire, l’homme d’affaires Aliko Dangote, a annoncé jeudi que l’introduction en Bourse de l’un des plus importants actifs industriels du continent devrait ouvrir dans un délai de 10 à 12 jours.
L’annonce a été faite lors d’une rencontre avec des investisseurs et des analystes au Botswana. Aliko Dangote y a également dévoilé les ambitions d’expansion de la raffinerie, dont la capacité actuelle de 650 000 barils par jour pourrait être portée à 1,4 million de barils par jour.
« Notre rêve est de vouloir doubler la capacité de la raffinerie (…) ce qui nous portera à 1,4 million de barils par jour », a déclaré le milliardaire nigérian, avant d’annoncer l’ouverture prochaine de l’offre au public.
Une opération potentiellement historique
Selon les informations communiquées, l’opération pourrait porter sur environ 5 milliards de dollars, ce qui placerait l’introduction en Bourse de la raffinerie parmi les plus importantes opérations boursières jamais réalisées en Afrique.
Pour Dangote Industries, cette opération constitue un moyen d’ouvrir davantage le capital de la raffinerie aux investisseurs et de mobiliser des ressources pour accompagner son développement. Pour les investisseurs, elle représente surtout une possibilité d’accéder directement au capital d’un actif stratégique pour le secteur énergétique africain.
Cette introduction intervient alors que le Nigeria cherche à renforcer ses capacités nationales de raffinage et à réduire sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés.
Une capacité déjà au maximum
Mise en service progressivement depuis 2024, la raffinerie Dangote a atteint sa capacité nominale de 650 000 barils par jour en février 2026. L’installation a depuis testé des niveaux de production pouvant atteindre 700 000 barils par jour.
Le complexe est également devenu un fournisseur important de produits pétroliers raffinés, aussi bien pour le marché nigérian que pour les marchés internationaux.
La rentabilité exacte de la raffinerie n’a toutefois pas été rendue publique par Dangote Industries. Le contexte international demeure néanmoins favorable aux activités de raffinage, avec des marges soutenues par les perturbations des marchés énergétiques mondiaux et les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.
Dangote multiplie les opérations sur les marchés financiers
L’introduction en Bourse de la raffinerie ne serait pas la seule opération majeure préparée par le groupe.
Aliko Dangote a également annoncé une introduction secondaire de Dangote Cement à la Bourse de Londres, qui pourrait intervenir en octobre. Cette opération vise notamment à élargir l’accès du groupe aux investisseurs internationaux et à de nouvelles sources de capitaux.
Ces deux opérations illustrent la volonté du groupe Dangote d’accroître son exposition aux marchés financiers internationaux et de mobiliser davantage de capitaux pour soutenir son expansion.
Une nouvelle raffinerie en Afrique de l’Est
Les ambitions du groupe ne s’arrêtent pas au Nigeria. Aliko Dangote a également annoncé la préparation d’un projet de nouvelle raffinerie sur la côte kényane, développé en partenariat avec les gouvernements d’Afrique de l’Est.
Le projet, dont la construction pourrait durer jusqu’à trois ans, doit fournir des produits pétroliers raffinés au Kenya et aux pays voisins. Selon le milliardaire, le lancement du projet est prévu le 30 septembre.
Cette nouvelle installation constituerait le plus important investissement de raffinage du groupe Dangote en dehors du Nigeria.
Avec la montée en puissance de sa raffinerie nigériane, son projet d’expansion à 1,4 million de barils par jour et ses ambitions en Afrique de l’Est, le groupe Dangote cherche ainsi à construire un véritable pôle énergétique régional.
L’introduction en Bourse annoncée dans les prochains jours sera donc particulièrement scrutée. Au-delà du montant potentiel de 5 milliards de dollars, les investisseurs surveilleront surtout la valorisation retenue pour la raffinerie et les perspectives de croissance de cet actif devenu stratégique pour l’industrie pétrolière africaine.


