En République démocratique du Congo, les recettes mensuelles de la TVA dépassent désormais 320 milliards de francs congolais, soit plus de 141,4 millions de dollars, contre une moyenne de 280 milliards de FC, soit environ 123,7 millions USD auparavant. Le gouvernement veut porter ce niveau à près de 640 milliards de FC par mois lorsque les réformes fiscales seront pleinement déployées.
Cette hausse s’explique par la généralisation de la télédéclaration de la TVA à la Direction générale des impôts et le déploiement progressif de la facture normalisée. L’administration a également renforcé le suivi de l’impôt professionnel sur les rémunérations en vue de mieux capter les opérations qui échappaient jusque-là au système fiscal.
La prochaine étape repose sur le croisement des données. Un entrepôt de données a déjà été mis en place et deux des trois régies financières y ont intégré leurs informations. La troisième doit les rejoindre prochainement. Le dispositif doit permettre de suivre un même opérateur entre ses opérations douanières et ses déclarations fiscales, et de repérer plus facilement les activités non déclarées.
La douane bénéficie, elle aussi, de moyens supplémentaires. Le gouvernement a mobilisé 300 millions de dollars auprès de quatre banques pour financer sa modernisation. À cette enveloppe s’ajoutent plus de 150 millions de dollars consacrés au programme E-Finance, développé avec l’appui de Huawei. Le financement porte notamment sur l’interconnexion des régies, les centres de données et les outils de gestion de la Direction générale des impôts.
Ces investissements arrivent alors que les recettes intérieures poursuivent leur progression. Elles sont passées d’environ 27 000 milliards de FC en 2024 à 28 700 milliards de FC en 2025. Pour 2026, le gouvernement table sur 33 000 milliards de FC, soit près de 14,58 milliards de dollars. La pression fiscale devrait atteindre 12,5 %, contre 11,7 % un an plus tôt. Pour la TVA, le prochain cap est fixé à près de 640 milliards de FC par mois, soit environ 282,8 millions de dollars.
Par Leila Toé


