Ghana : les prix des tomates devraient chuter d’au moins 40 % avec l’arrivée des nouvelles récoltes

Après plusieurs mois de forte hausse, les prix des tomates devraient connaître une baisse importante au Ghana dans les prochaines semaines. L’arrivée sur les marchés de nouvelles récoltes issues des principales zones de production devrait accroître l’offre et contribuer à alléger la pression sur les ménages et les vendeurs de produits alimentaires.

L’annonce a été faite par le vice-ministre ghanéen de l’Alimentation et de l’Agriculture, John Dumelo, qui estime que l’augmentation de l’offre locale devrait entraîner une détente significative des prix. Selon les projections des observateurs du marché, les prix de détail pourraient reculer d’au moins 40 % d’ici fin septembre.

Cette évolution intervient alors que les consommateurs ghanéens font face depuis plusieurs mois à une flambée des prix. Dans certains grands marchés, une boîte de tomates se négocie entre 2 500 et 3 000 GH¢. La situation a notamment été attribuée aux pénuries saisonnières, aux mauvaises précipitations, aux attaques de ravageurs et à la dépendance du Ghana vis-à-vis des importations en provenance des pays voisins, principalement du Burkina Faso.

La récolte actuellement engagée dans plusieurs zones de production devrait donc contribuer à rééquilibrer le marché. Les régions de Bono Est, Ashanti et de l’Est figurent parmi les bassins qui doivent alimenter davantage les marchés au cours des prochaines semaines.

Le gouvernement ghanéen entend toutefois éviter que cette baisse saisonnière ne soit suivie d’une nouvelle flambée des prix pendant la période de faible production. Dans le cadre du programme Feed Ghana, il prépare ainsi une campagne de production de tomates en saison sèche qui doit s’étendre de décembre à juin prochain.

Dans le nord du pays, plusieurs milliers d’acres de terres ont déjà été défrichés. Le gouvernement prévoit de lancer les opérations de pépinière à partir d’octobre, avant les transplantations en novembre, afin de permettre les premières récoltes dès décembre. Des forages alimentés à l’énergie solaire, des pompes à eau, des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, des semences améliorées et des engrais doivent être mis à la disposition des producteurs.

L’objectif affiché par les autorités est de parvenir à une production de tomates disponible tout au long de l’année. « Nous voulons produire des tomates 12 mois par an. C’est pourquoi nous investissons massivement dans l’irrigation », a expliqué John Dumelo.

Cette stratégie vise également à réduire la facture des importations. Le Ghana achète actuellement pour plus de 100 millions de dollars de tomates à l’étranger chaque année. Cette dépendance expose le marché ghanéen aux variations de l’offre régionale, particulièrement pendant la période de soudure, entre mars et juillet.

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse donc la seule baisse attendue des prix dans les prochaines semaines. Il s’agit de transformer l’organisation de la filière afin de limiter les pénuries récurrentes et de stabiliser durablement les prix pour les consommateurs.

Les autorités veulent également réduire les pertes post-récolte, actuellement estimées entre 30 % et 40 %, grâce notamment au développement de centres d’agrégation, d’installations de stockage frigorifique et de débouchés vers les unités de transformation. Les producteurs de la campagne de saison sèche doivent par ailleurs être directement mis en relation avec les commerçants, les supermarchés et les entreprises de transformation.

Par Amhed Coulibaly

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