RDC : la découverte de cuivre de Makoko passe à 12 millions de tonnes, renforçant le poids du pays dans la course mondiale au cuivre

La République démocratique du Congo (RDC) confirme un peu plus son statut de puissance minière mondiale. La compagnie canadienne Ivanhoe Mines a annoncé une hausse de 30 % des ressources en cuivre contenues dans sa découverte de Makoko, située dans le district des Western Forelands, près de Kolwezi, dans la province du Lualaba. Le gisement renfermerait désormais environ 12 millions de tonnes de cuivre contenu, selon une nouvelle estimation des ressources minérales publiée par le groupe.

Cette progression résulte notamment d’un important programme d’exploration. Depuis la précédente estimation, Ivanhoe Mines a réalisé environ 64 000 mètres de forage sur 106 trous, permettant d’ajouter quelque 2,76 millions de tonnes de cuivre contenu à l’estimation précédente.

La ressource de Makoko comprend désormais 34 millions de tonnes de matériaux classés comme ressources indiquées, avec une teneur moyenne en cuivre de 2,66 %. À cela s’ajoutent environ 612 millions de tonnes de matériaux classés dans la catégorie des ressources inférées, avec une teneur moyenne de 1,80 %.

Cette distinction est importante sur le plan minier. Les ressources indiquées bénéficient d’un niveau de confiance géologique supérieur aux ressources inférées. Toutefois, ces deux catégories ne constituent pas automatiquement des réserves économiquement exploitables. Des études techniques et économiques supplémentaires seront nécessaires avant de déterminer la viabilité commerciale d’une éventuelle exploitation.

La découverte de Makoko intervient dans un contexte particulièrement favorable pour le cuivre. Le métal rouge est devenu un minerai stratégique pour la transition énergétique mondiale, notamment en raison de son utilisation dans les réseaux électriques, les véhicules électriques, les infrastructures d’énergies renouvelables et les centres de données.

Les prix du cuivre ont d’ailleurs atteint des niveaux records. Selon Ivanhoe Mines, le prix de référence du London Metal Exchange s’est établi à 14 530 dollars la tonne le 7 septembre 2026, soit une progression de 78 % par rapport aux 8 167 dollars la tonne enregistrés lors de la publication de la première estimation de Makoko en novembre 2023.

L’annonce a également été bien accueillie par les marchés financiers. L’action d’Ivanhoe Mines a clôturé en hausse de 12,82 % à Toronto le 8 septembre, à 13,29 dollars canadiens. Cette progression ne permet toutefois pas, à elle seule, d’établir que l’annonce de la nouvelle estimation des ressources constitue l’unique facteur à l’origine de cette hausse.

Makoko est intégré à un vaste ensemble de permis d’exploration couvrant environ 2 426 km², soit une superficie plus de six fois supérieure à celle du complexe voisin de Kamoa-Kakula. Cette proximité pourrait constituer un avantage stratégique pour le développement futur du projet, Ivanhoe Mines estimant que Makoko pourrait bénéficier des infrastructures déjà développées autour de Kamoa-Kakula, notamment les routes, les installations électriques, les capacités de traitement et l’expertise opérationnelle.

Le complexe de Kamoa-Kakula, détenu par Ivanhoe Mines, le groupe chinois Zijin Mining et l’État congolais, figure déjà parmi les grandes exploitations de cuivre au monde. Le site dispose également d’une fonderie capable de traiter jusqu’à 500 000 tonnes de cuivre par an.

Pour autant, Makoko reste à ce stade un projet d’exploration et non une mine en production. Ivanhoe Mines n’a pas encore communiqué le coût de construction d’une éventuelle exploitation, son objectif annuel de production ou encore une date de mise en production.

La compagnie prévoit de poursuivre les travaux avant de passer à une nouvelle étape. Une étude de cadrage doit ainsi débuter au premier trimestre 2027. Elle devra notamment examiner la possibilité d’exploiter certaines parties du gisement à ciel ouvert avant d’envisager une exploitation souterraine.

Ivanhoe Mines prévoit également un programme supplémentaire de 120 000 mètres de forage afin d’améliorer la connaissance géologique du gisement et de convertir une partie des ressources actuellement inférées dans la catégorie des ressources indiquées.

Par Amhed Coulibaly

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