Le prix du pétrole repasse au-dessus de 100 dollars le baril, sur fond de tensions au Moyen-Orient

Les cours du pétrole ont repassé mercredi le seuil symbolique des 100 dollars le baril, pour la première fois depuis le 24 juillet, dans un contexte marqué par l’intensification des combats au Moyen-Orient et les craintes d’une nouvelle perturbation de l’approvisionnement mondial.

Au début des échanges européens, le Brent, référence internationale du marché pétrolier, s’échangeait au-dessus de 100 dollars. Vers 5h45, heure de New York, il atteignait 100,60 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, évoluait pour sa part légèrement au-dessus de 95 dollars le baril.

La remontée des cours intervient alors que les perspectives d’une résolution durable du conflit entre les États-Unis et l’Iran se sont détériorées. Le Brent affiche désormais une progression d’environ 25 % depuis le début du mois d’août, dans un marché de plus en plus préoccupé par la sécurité des infrastructures et des routes d’approvisionnement énergétiques.

Les tensions se sont notamment intensifiées après de nouvelles frappes impliquant les forces américaines et l’Iran. Selon l’armée américaine, les forces américaines ont attaqué des pétroliers iraniens après une tentative de Téhéran de viser un navire de guerre américain avec des missiles balistiques.

À ces tensions s’ajoutent les attaques menées cette semaine par des militants houthis soutenus par l’Iran. Certaines d’entre elles ont touché des installations énergétiques en Arabie saoudite, ravivant les inquiétudes sur les flux de pétrole transitant par la mer Rouge et surtout par le détroit d’Ormuz.

Cette voie maritime constitue un point stratégique pour le marché mondial de l’énergie. Selon une estimation de Rystad Energy citée dans les données disponibles, les volumes transitant par le détroit seraient récemment tombés sous les 2 millions de barils par jour, contre environ 8 à 9 millions de barils par jour au cours de la semaine précédant la reprise des combats le 30 août.

La situation intervient alors que les cours du pétrole avaient déjà atteint un sommet de 126 dollars le baril en avril, avant de reculer avec l’amélioration des perspectives de cessez-le-feu. Le regain des tensions a cependant inversé cette tendance et replacé le risque géopolitique au centre des préoccupations des marchés.

Du côté de l’offre mondiale, certains producteurs, notamment les États-Unis, le Canada et la Guyana, ont accru leur production. Mais cette progression pourrait ne pas suffire à compenser les perturbations attendues. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que l’approvisionnement mondial en pétrole pourrait diminuer de 4,3 millions de barils par jour cette année, soit environ 4 %.

Face à cette dégradation des perspectives, plusieurs grandes banques ont déjà relevé leurs prévisions de prix du pétrole. Goldman Sachs, Bank of America et HSBC figurent parmi les établissements ayant ajusté leurs projections à la hausse ces derniers jours.

La remontée du pétrole au-dessus de 100 dollars constitue également un risque pour l’économie mondiale. Une hausse durable des cours se répercute directement sur les prix des carburants, mais aussi sur les coûts du transport maritime, de la production industrielle et de nombreux biens et services.

Par Amhed Coulibaly

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