Des responsables d’établissements d’enseignement supérieur africains, de l’Union africaine, de ministères, d’institutions financières internationales et régionales, ainsi que des partenaires du secteur privé et des jeunes se sont réunis cette semaine à Accra, au Ghana, à l’occasion de la première édition du « Prix pour la Transformation de l’Enseignement Supérieur », organisée par la Fondation Mastercard. Cet événement a également été marqué par la première cérémonie de remise du « Prix pour la Transformation de l’Enseignement Supérieur » (AHEFT Prize), qui récompense les établissements qui favorisent une transformation durable de l’enseignement supérieur.
Autour du thème « Repenser l’enseignement supérieur pour le développement du capital humain en Afrique », les participants ont passé en revue les bases nécessaires pour renforcer les systèmes d’enseignement supérieur, afin d’en garantir la qualité et d’avoir un impact durable auprès des jeunes Africains.
« La transformation ne consiste pas simplement à créer une meilleure université, mais une université qui permet à l’ensemble de l’économie qui l’entoure de mieux fonctionner au profit des jeunes », a déclaré Sewit Ahderom, Présidente-Directrice générale de la Fondation Mastercard. « Quatre éléments permettent d’y parvenir. Des programmes d’études élaborés en collaboration avec les employeurs, afin que l’enseignement dispensé réponde aux besoins du pays, que les acquis aient une véritable valeur ajoutée. Des diplômes qui attestent des compétences des diplômés et non de la durée de leurs études, et qui les accompagnent au-delà des frontières. Des établissements où les jeunes apprennent à piloter les technologies qui transforment nos économies, et non pas simplement à les utiliser. Et une recherche qui dépasse le cadre du campus pour s’étendre à l’industrie, aux pouvoirs publics et à l’ensemble de la société, et se traduit par la création d’entreprises et d’emplois. »
Tout au long de la rencontre, les participants ont réfléchi aux changements nécessaires pour que les universités deviennent des moteurs d’innovation et de résolution de problèmes, en préparant les jeunes à façonner les technologies émergentes, et en veillant à ce que les recherches soient externalisées hors des campus, pour accompagner la transition vers le monde du travail, renforcer les communautés et contribuer aux priorités de développement de l’Afrique. Les discussions ont également souligné l’importance de concentrer la recherche, l’innovation et le développement des compétences dans les domaines où l’Afrique dispose d’un avantage comparatif stratégique et qui peuvent avoir des retombées importantes, tout en renforçant les partenariats avec le secteur privé afin d’aligner le développement des talents et la recherche appliquée sur les évolutions du marché du travail. Les jeunes ont par ailleurs demandé que leurs expériences et leurs aspirations soient prises en compte dans les décisions relatives à l’éducation, au travail et aux opportunités, et qu’ils puissent devenir des partenaires actifs dans l’élaboration des systèmes qui influencent leur vie.
« La population africaine, jeune et en pleine croissance, représente l’une des plus grandes opportunités de notre écosystème. La capacité à tirer parti de cet atout dépendra des établissements d’enseignement supérieur, qui doivent être en mesure de former et de retenir les talents, de stimuler l’innovation et de créer des parcours plus solides menant à des emplois dignes et valorisants», a déclaré le Dr John Nkengasong, directeur général, Enseignement supérieur, Collaborations et initiatives stratégiques à la Fondation Mastercard. « La transformation de l’enseignement supérieur ne se limite pas à un simple programme éducatif. Il s’agit d’un véritable impératif économique. Elle nous oblige à repenser l’éducation comme un investissement stratégique et à rassembler les pouvoirs publics, les universités, le monde de l’entreprise, les investisseurs et les partenaires afin de mettre en place les systèmes qui permettront aux jeunes et aux économies de s’épanouir. Aucune institution ne peut y parvenir seule, mais grâce à la force des partenariats, cette transformation devient possible. »
Les discussions menées dans le cadre de cette réunion sont en phase avec les objectifs de la « Décennie de l’éducation et des compétences » de l’Union africaine (2025-2034), qui vise à renforcer les systèmes éducatifs, à améliorer les résultats d’apprentissage et à développer des compétences en accord avec les priorités de développement à long terme de l’Afrique, notamment l’Agenda 2063.
« La Décennie de l’éducation de l’Union africaine nous invite à considérer l’enseignement supérieur comme un investissement stratégique dans l’avenir de l’Afrique. Alors que les dépenses consacrées à l’enseignement supérieur représentent en moyenne moins de 0,8 % du PIB et que la recherche et le développement ne bénéficient que de moins de 0,5 % des budgets nationaux, nous devons renforcer la collaboration entre nos universités, développer la mobilité des enseignants et des étudiants, et mettre en place des systèmes permettant aux talents, aux connaissances et à l’innovation de circuler au-delà des frontières. La transformation de l’enseignement supérieur est un projet à l’échelle du continent, et son succès dépendra de notre volonté d’investir, de nouer des partenariats et d’agir ensemble », a déclaré le professeur Saidou Madougou, directeur du Département de l’éducation, des sciences, de la technologie et de l’innovation de l’Union africaine.
Les discussions ont également mis en évidence la nécessité pour les universités de devenir des moteurs d’innovation et de résolution de problèmes, en préparant les jeunes à façonner les technologies émergentes et en veillant à ce que la recherche soit externalisée afin d’éclairer l’industrie, de renforcer les communautés et de contribuer aux priorités de développement de l’Afrique. Les participants ont souligné l’importance de concentrer la recherche, l’innovation et le développement des compétences dans les domaines où l’Afrique dispose d’un avantage comparatif stratégique et susceptibles de générer des retombées importantes pour la croissance. Le secteur privé a un rôle important à jouer dans cette transformation, notamment grâce à des partenariats qui tirent parti de l’expertise, des infrastructures et des investissements de l’industrie pour faire progresser la recherche appliquée et la formation technique répondant aux besoins en constante évolution de la main-d’œuvre.
Cette réunion a également été l’occasion de procéder à la remise du Prix AHEFT, une distinction annuelle unique en son genre qui récompense les établissements favorisant une transformation durable de l’enseignement supérieur. Ce prix met en avant des exemples concrets illustrant la manière dont les universités renforcent l’enseignement et l’apprentissage, la recherche et l’innovation, ainsi que l’insertion professionnelle des étudiants, et améliorent les résultats en matière de santé.
Les lauréats 2026 sont l’Université d’Addis-Abeba (Éthiopie), l’Institut international de l’eau et de l’ingénierie environnementale (Burkina Faso), l’Université Kwame Nkrumah des sciences et technologies (Ghana), l’Université Muni (Ouganda) et l’Université du Rwanda. S’appuyant sur un engagement de 500 millions de dollars US, ce prix récompensera au moins 150 établissements dans toute l’Afrique au cours de la prochaine décennie. Chaque établissement lauréat recevra 3 millions de dollars américains afin de développer des initiatives transformatrices visant à élargir les possibilités d’éducation pour les jeunes à travers le continent.
« Les candidatures ont révélé une forte volonté de changement et nous avons constaté que les établissements repensaient tous les aspects liés à leur fonctionnement, de la manière dont les étudiants apprennent et se préparent au monde du travail, à la façon dont les universités collaborent avec le monde de l’entreprise, renforcent la recherche et l’innovation, et répondent aux défis locaux. Les premiers lauréats se sont distingués par des approches ambitieuses, ancrées dans leur contexte propre et susceptibles de générer des enseignements bien au-delà de leurs établissements. Ensemble, ils démontrent qu’il existe de multiples voies pouvant mener à une transformation significative et offrent à l’ensemble de l’écosystème de l’enseignement supérieur des exemples concrets dont il peut s’inspirer, qu’il peut adapter et sur lesquels il peut s’appuyer », a déclaré Susan Chomba, présidente du jury de l’AHEFT.
Les candidatures pour l’édition 2027 du Prix AHEFT seront ouvertes dans le courant de l’année. Les institutions de toute l’Afrique qui mènent une transformation significative et durable sont invitées à déposer leur candidature.
Les discussions qui se sont tenues cette semaine à Accra ont mis en évidence un thème central : aucun secteur ne peut à lui seul mener à bien cette transformation. Le défi consiste désormais à traduire ce consensus en actions à grande échelle. Les établissements d’enseignement supérieur, les gouvernements, le secteur privé, les investisseurs et les partenaires de développement ont été invités à identifier les changements systémiques qu’ils peuvent collectivement mettre en œuvre d’ici 2028, en renforçant les liens entre l’éducation, l’emploi, la recherche et l’investissement, afin que davantage de jeunes Africains soient en mesure d’apprendre, de gagner leur vie et d’accéder à des responsabilités.
Addendum :
Citations des lauréats du Prix AHEFT 2026
« C’est l’aboutissement de plusieurs décennies d’efforts consacrés à offrir aux jeunes Africains une formation scientifique et technique inclusive et de grande qualité, en phase avec les besoins de nos communautés » – Professeur El Hadji Bamba DIAW, directeur général du 2iE.
« La plus grande richesse de l’Afrique réside dans sa jeunesse. Nos universités ont donc pour responsabilité non seulement de préparer les jeunes à prendre part à l’avenir, mais aussi de leur donner les moyens de le façonner. Le partenariat entre la Fondation Mastercard et l’Université d’Addis-Abeba reflète cette conviction commune : lorsque nous investissons dans le potentiel de la jeunesse africaine et que nous lui donnons accès à une éducation de qualité, à la recherche, à l’innovation et à de nouvelles opportunités, nous investissons dans l’avenir du continent lui-même. Telle est la responsabilité et la promesse d’une université africaine » – Samuel Kifle, président de l’Université d’Addis-Abeba.
« Nous sommes très heureux de remporter ce tout premier prix AHEFT, qui vient récompenser notre action : changer la vie des personnes, et faire évoluer les systèmes et les politiques, non seulement dans notre pays, mais aussi en Afrique et dans le monde entier. Grâce à notre partenariat avec la Fondation, nous pouvons changer des vies et améliorer les systèmes dans lesquels nous évoluons » – Professeur Christian Agyare, vice-chancelier de l’Université Kwame Nkrumah des sciences et technologies (KNUST).
« L’avenir des universités africaines ne se limite pas à nos murs ; il réside également au sein de nos communautés. Les universités doivent sortir de leur tour d’ivoire pour aller à la rencontre des gens, être à l’écoute de leurs difficultés et mettre nos connaissances à leur service » – Professeur associé Anguma Simon Katrini, vice-chancelier de l’université de Muni, en Ouganda.
« Cette reconnaissance confirme l’engagement de l’Université du Rwanda à former des professionnels de santé capables de répondre aux besoins de notre pays et de nos communautés. Avec le soutien de la Fondation Mastercard, nous nous appuierons sur les progrès déjà réalisés dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et de l’innovation en matière de santé, tout en renforçant notre capacité à transformer les connaissances et la recherche en actions concrètes au service des communautés », a déclaré le professeur Kayihura M. Didas, vice-chancelier de l’Université du Rwanda.


