Burkina Faso-Exposition gouvernementale : maquette de la raffinerie d’or, cartographie des ressources et e-cadastre minier à l’honneur au stand du ministère des Mines

L’exposition gouvernementale, ouverte ce vendredi 2 octobre 2026, est couplée à la deuxième phase de la 3ᵉ édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC). Placée sous le thème « Produisons burkinabè, consommons burkinabè ! », cette phase se déroule du 2 au 16 octobre 2026, sur l’ensemble du territoire national ainsi que dans les missions diplomatiques du Burkina Faso.

Le ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières y tient un stand où sont exposés des échantillons de substances des mines et des carrières, la maquette de la raffinerie d’or inaugurée en début de semaine et des affiches cartographiant les ressources naturelles du pays.

Du côté des carrières, Ibrahim Coulibaly, ingénieur géologue à la Direction générale des carrières, met en avant la valorisation des substances. Il cite en premier lieu les briques en terre comprimée (BTC), qu’il qualifie de « grande innovation ». « Auparavant, ce sont des briques qui n’étaient pas bien connues du public, mais nous sommes en train de travailler aujourd’hui pour leur valorisation », a-t-il expliqué.

Ibrahim Coulibaly, ingénieur géologue à la Direction générale des carrières

Pour lui, les retombées des BTC sont concrètes pour la population, qui pourrait ainsi « se construire des maisons écologiques et à moindre coût ». « À l’avenir, c’est surtout amener les gens à s’intéresser à ces produits issus de la valorisation des substances de carrières », a-t-il ajouté.

Pour les substances des mines, le ministère annonce le lancement de l’e-cadastre minier, le logiciel Electronic Mining Cadastre (eMC+). Cet outil, a précisé le géologue, permettra de soumettre des demandes de titres miniers directement en ligne, sans se déplacer au ministère pour accomplir les démarches. « Il y a plein d’innovations qui sont en cours de préparation », a-t-il conclu.

Une cartographie des ressources présentée aux visiteurs

Le stand présente aussi la cartographie des ressources du Burkina Faso à la date de janvier 2026, commentée par François Dougouri, géologue à la Direction générale des mines et de la géologie. Elle montre le potentiel géologique et minier du pays dans un contexte de hausse des cours de plusieurs minéraux à l’international et de course aux minéraux critiques.

François Dougouri, géologue à la Direction générale des mines et de la géologie.

La carte géologique distingue des bassins sédimentaires au nord, à l’est et à l’ouest et, à l’intérieur, un socle cristallin composé de deux grandes unités, notamment les ceintures volcano-sédimentaires et les granitoïdes. François Dougouri cite, parmi les premières, les ceintures de Loumana, de Banfora, de Houndé et de Boromo, ainsi que la ceinture arquée de Gorom.

Il mentionne également des ceintures dites en lambeaux, dispersées dans l’est du pays. « La particularité de ces ceintures, c’est que ce sont des zones propices aux dépôts aurifères », a-t-il expliqué, faisant savoir que les permis de recherche et les permis d’exploitation industrielle y figurent, particulièrement dans les ceintures volcano-sédimentaires.

L’état du parc minier burkinabè

La carte indique aussi l’état du parc minier. En effet, le Burkina compte 15 permis d’exploitation semi-mécanisée. Il dénombre 25 mines industrielles, dont 15 seulement sont en exploitation. Parmi celles à l’arrêt figurent la mine de Poura, première mine industrielle historique, entrée en production en 1984, la mine de zinc de Perkoa et la mine d’or de Taparko.

François Dougouri évoque encore la mine de manganèse de Tambao, qui n’a jamais été exploitée, avec une réserve de 107 millions de tonnes. « Les gens ne le savent peut-être pas, mais c’est la plus grande mine de manganèse au monde. C’est aujourd’hui un minéral hautement stratégique », a-t-il laissé entendre.

La carte représente en outre le calcaire dolomitique de Tin Hrassan, au Sahel, et trois gisements de phosphate dans le bassin de la Volta. « Ça montre vraiment que le pays est très riche en minéraux », a-t-il commenté.

L’exploitation artisanale figure aussi sur la carte, avec dix autorisations d’exploitation artisanale (AEA) officiellement délivrées, alors que le Burkina compte des milliers de sites artisanaux. M. Dougouri a affirmé que le ministère incite les exploitants à demander ces autorisations dans le cadre de l’encadrement et de la formalisation. « Ça va permettre de booster la production nationale. Quand c’est formalisé et encadré, l’État arrive à bien suivre la production et aussi à capter la valeur ajoutée de cette production », a déclaré le géologue.

Par Léon Yougbaré

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