Niger : le FMI envisage un nouveau programme économique de 203 millions de dollars pour accompagner les réformes économiques

Le Fonds monétaire international (FMI) et le Niger ont conclu un accord sur la dernière revue du programme économique appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC). Cette décision ouvre la voie à un décaissement de 36 millions de dollars, soit 21,6 milliards de FCFA. Les deux parties se sont également accordées sur un nouveau programme de 38 mois, doté de 203 millions de dollars, destiné à répondre aux besoins de financement du pays et à accompagner les réformes économiques. Ces deux accords restent soumis à l’approbation du conseil d’administration du FMI, attendue début décembre.

Ce nouveau programme doit consolider la stabilité macroéconomique et les acquis des réformes, tout en accompagnant la mise en œuvre de la stratégie de développement 2025-2029, intitulée « Programme pour la refondation de la République ». Il doit notamment renforcer les capacités budgétaires du pays, préserver la viabilité de la dette et consolider la stabilité financière.

L’appui du FMI intervient dans un contexte où l’économie nigérienne devrait maintenir une croissance soutenue. Le PIB réel devrait progresser de 7 % en 2026, puis de 6,7 % en 2027, principalement sous l’impulsion de l’agriculture et du secteur extractif. À moyen terme, la croissance devrait s’établir à 6,1 % en moyenne, soutenue également par l’investissement public.

La hausse des cours du pétrole brut liée à la guerre au Moyen-Orient a par ailleurs renforcé les soldes budgétaire et extérieur du Niger. Elle a toutefois des effets moins favorables sur les ménages, le renchérissement des transports contribuant aux pressions inflationnistes et pesant sur les populations les plus vulnérables. L’inflation moyenne est ainsi projetée à -2,5 % en 2026, avant de remonter à 2,2 % en 2027.

Le déficit budgétaire devrait atteindre 3,4 % du PIB en 2026. Il reflète notamment les dépenses engagées pour la reconstruction à la suite des catastrophes naturelles de 2025, ainsi que l’aide apportée aux ménages vulnérables touchés par la hausse des prix des produits alimentaires et des carburants. Dans le même temps, le gouvernement consacre une partie des recettes pétrolières supplémentaires à la reconstitution de ses marges de manœuvre budgétaires.

Sur le plan financier, le Niger poursuit ses efforts pour renforcer la stabilité du secteur bancaire et sa capacité à accompagner une croissance davantage tirée par le secteur privé. Un programme soutenu par la Banque mondiale doit notamment contribuer à améliorer l’accès des micro, petites et moyennes entreprises (MPME) aux financements et aux services d’accompagnement.

Les perspectives économiques restent néanmoins exposées à d’importants risques baissiers. La situation sécuritaire et les chocs climatiques pourraient notamment peser sur l’activité économique et compliquer la trajectoire de croissance.

En matière de gestion des finances publiques, le FMI appelle à maintenir des politiques d’endettement prudentes et à privilégier les dons ainsi que les financements concessionnels. L’institution encourage également la poursuite de la mobilisation des recettes intérieures et des réformes de la gestion des finances publiques.

Le FMI met aussi l’accent sur la gouvernance, en encourageant la poursuite des efforts en matière de reddition de comptes, de transparence et de cohésion sociale.

Par Bernadette W. Gansonré

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