Les réserves internationales de la République démocratique du Congo (RDC) ont atteint 7,8 milliards de dollars, soit 4 680 milliards de FCFA, à fin septembre 2026, contre 1,7 milliard de dollars (1 020 milliards de FCFA) en 2021. Cette annonce a été faite par le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso Nkualoloki, lors d’une conférence organisée à Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Selon les informations rapportées lors de cette rencontre, environ 2,5 tonnes d’or avaient déjà été acquises à fin juillet 2026. La BCC vise désormais un stock de 5 tonnes à fin décembre 2026.
Cette orientation vise à diversifier les actifs détenus par l’institution monétaire et à réduire sa dépendance à certaines catégories d’avoirs. L’or constitue, à cet égard, un instrument potentiel de diversification face aux fluctuations des marchés financiers internationaux.
Dans son évaluation économique de juin 2026, le Fonds monétaire international (FMI) soulignait l’importance de poursuivre l’accumulation des réserves internationales afin de renforcer la capacité de la RDC à faire face aux chocs extérieurs.
Le maintien de cette dynamique est donc important pour la stabilité macroéconomique du pays, confronté notamment aux incertitudes sécuritaires et aux fluctuations des marchés des matières premières.
Par ailleurs, la progression des réserves intervient dans un contexte d’amélioration des indicateurs monétaires. Selon le gouverneur de la BCC, André Wameso Nkualoloki, l’inflation est passée de 23,8 % à fin 2023 à 11,7 % à fin 2024, avant de retomber à environ 2,3 % à fin 2025, sous l’effet des mesures engagées pour contenir les tensions sur les prix. Cette évolution a permis à la Banque centrale d’assouplir progressivement sa politique monétaire à partir de septembre 2025. Le taux directeur, auparavant fixé à 25 %, a ainsi été ramené à 12,5 % en juillet 2026.
La détente monétaire commence également à se refléter dans les conditions de financement de l’économie. Le taux débiteur moyen des crédits en francs congolais est passé de 24,9 % à fin 2024 à environ 21 % en juin 2026. À fin juillet 2026, l’encours brut des crédits s’élevait à 11,58 milliards de dollars, tandis que les prêts libellés en monnaie nationale avaient progressé de 15,2 % par rapport à décembre 2025.
Malgré ces évolutions favorables, la Banque centrale entend maintenir une politique prudente face aux risques inflationnistes et aux fluctuations du marché des changes.
Par Bernadette W. Gansonré


