Le Libéria a lancé son tour de licences pétrolières et gazières 2026, mettant 29 blocs offshore à la disposition des compagnies intéressées dans le cadre de négociations directes. À travers cette initiative, le pays entend attirer des investissements internationaux dans l’exploration et évaluer le potentiel commercial de ses ressources pétrolières encore inexploitées.
L’annonce a été faite mercredi par l’Autorité de régulation pétrolière du Libéria lors d’une conférence consacrée à l’énergie au Cap, en Afrique du Sud. À cette occasion, le pays a présenté les possibilités d’exploration offertes par les bassins sédimentaires du Libéria et de Harper, situés au large de ses côtes.
Le Libéria ne produit actuellement pas de pétrole. Le lancement de ce nouveau cycle de licences constitue ainsi une étape dans sa stratégie visant à développer son secteur pétrolier en amont, en attirant des compagnies capables de financer et de conduire des campagnes d’exploration offshore.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du cycle de licences de 2024, à l’issue duquel huit contrats de partage de production avaient été signés. La compagnie française TotalEnergies avait obtenu quatre blocs, tandis que le groupe nigérian Oranto Petroleum en avait acquis quatre autres.
La participation de ces opérateurs internationaux constitue un précédent pour les autorités libériennes, qui souhaitent désormais élargir l’intérêt des investisseurs pour leur domaine pétrolier offshore. Toutefois, la présence de compagnies expérimentées et les superficies proposées ne garantissent pas, à elles seules, la découverte de gisements commercialement exploitables. Le potentiel des nouveaux blocs devra être confirmé par des études géologiques et des travaux d’exploration supplémentaires.
Parmi les zones mises en avant, le bassin de Harper retient particulièrement l’attention des autorités. Dans ses documents promotionnels, l’Autorité de régulation pétrolière du Libéria souligne les similitudes géologiques entre ce bassin et les systèmes pétroliers de la Côte d’Ivoire voisine, où la compagnie italienne Eni a découvert les champs pétroliers de Baleine et de Calao.
Ces découvertes ont contribué à renforcer l’intérêt des investisseurs pour les bassins offshore d’Afrique de l’Ouest. Le long de la façade atlantique, plusieurs campagnes d’exploration ont permis de mettre en évidence des ressources en hydrocarbures, suscitant de nouvelles perspectives pour les pays de la région.
Pour le Libéria, ces analogies géologiques constituent un argument destiné à attirer les compagnies pétrolières internationales. Elles ne permettent cependant pas de présumer de découvertes similaires, ni de garantir la rentabilité d’éventuels gisements. Celle-ci dépendra notamment de la qualité des ressources découvertes, des coûts d’extraction, des infrastructures disponibles et des conditions de financement.
Le tour de licences 2026 offre ainsi aux opérateurs internationaux l’occasion d’évaluer le potentiel des zones offshore libériennes et de décider d’éventuels investissements dans l’exploration. Pour les autorités, l’enjeu consiste à transformer cet intérêt géologique en engagements financiers et en activités concrètes.
Par Amhed Coulibaly


