Le Fonds d’Appui au Sport et à la Presse Privée (FASP) « Wassa Bondo » a remis, le vendredi 16 octobre 2026 à Ouagadougou, les chèques de la subvention annuelle de l’État aux entreprises de presse privée pour l’exercice 2026. La cérémonie a été présidée par le ministre en charge de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouedraogo.
Pour cet exercice, l’enveloppe s’élève à 320 millions FCFA. Sur ce montant, 304 millions FCFA reviennent à 77 entreprises de presse privée, et 12,8 millions FCFA à deux Organisations professionnelles des médias (OPM) retenues, notamment l’Observatoire burkinabè des médias (OBM) et l’Association des éditeurs et publicateurs de journaux en langues nationales (AEPJLN). Les sommes allouées aux entreprises de presse varient entre 1,97 million FCFA et 6,75 millions FCFA.
Le FASP est issu de la fusion de l’ancien Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs (FNPSL) et de l’ancien Fonds d’appui à la presse privée (FAPP), opérée par décret du 4 décembre 2025. Le nom « Wassa Bondo », emprunté au dioula, signifie « le grenier du succès ».
Pour le ministre en charge de la communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette réforme vise à rationaliser les instruments publics de financement, à réduire les coûts de fonctionnement et à accroître l’efficacité et l’impact de l’accompagnement de l’État. « Dans le contexte particulier que traverse notre Nation, nous avons plus que jamais besoin d’une presse sensible aux grandes causes nationales, engagée, professionnelle et responsable, capable de contribuer à l’information juste et utile des citoyens, à la consolidation de la cohésion sociale et au renforcement de la résilience nationale », a-t-il déclaré, rassurant que le gouvernement poursuivra ses efforts d’accompagnement à la presse privée.

49,74 % des fonds destinés aux radios
La Directrice générale du Fonds, Ida Ouédraogo/Paré, a reconnu que l’opérationnalisation du FASP s’est heurtée à des contraintes. Elle a assuré que la Direction générale a poursuivi ses interventions, notamment la mise en œuvre de cette subvention. Ainsi 94 dossiers ont été enregistrés dont 79 validés 15 rejetés. « Les structures retenues comprennent 77 entreprises de presse privée et 02 organisations professionnelles des médias », a-t-elle précisé.

Dans le détail, les radios se taillent la plus grosse part. Les 42 radios bénéficiaires se partagent 151,2 millions FCFA, soit 49,74 % de l’enveloppe destinée aux entreprises de presse. Les 21 médias en ligne retenus reçoivent 88,95 millions FCFA (29,26 %), les sept télévisions 33,82 millions FCFA (11,13 %) et les sept titres de presse écrite 30,03 millions FCFA (9,88 %). « Cette répartition traduit la diversité des médias bénéficiaires et la prise en compte des différentes composantes de la presse privée, conformément aux critères applicables au mécanisme de soutien », a expliqué la directrice générale du Fonds.
Concernant les rejets, Ida Ouédraogo a indiqué qu’ils s’expliquent par l’absence de cartes de presse, d’attestation de situation fiscale ou d’attestation de situation cotisante, par l’expiration d’autorisations d’exploitation et par la non-diffusion régulière. « Ces constats soulignent la nécessité, pour les entreprises de presse, de veiller à la régularité de leur situation administrative et fiscale, au respect des obligations professionnelles et réglementaires ainsi qu’à la constitution de dossiers complets lors des prochains appels à candidatures », a-t-elle détaillé.
La Directrice générale a aussi insisté sur la responsabilité qui accompagne la subvention. La remise des chèques, a-t-elle dit, ne constitue pas « uniquement l’aboutissement d’une procédure administrative ». Les fonds proviennent des finances publiques et doivent être utilisés conformément aux objectifs de la subvention et aux projets de dépenses approuvés. Elle a annoncé que le FASP suivra de près l’utilisation des ressources allouées, dans le respect des textes en vigueur.
Renforcer le dispositif de soutien à la presse privée
Le porte-parole des bénéficiaires, Adama Sougouri, directeur général de la radio La Voix du Paysan, a salué le soutien renouvelé de l’État. Il a invité ses pairs à respecter les projets de dépenses approuvés, à produire les pièces justificatives requises et à se conformer aux obligations de reddition des comptes. « Au-delà de ces exigences de gestion, nous devons également faire de cette subvention un levier d’amélioration de la qualité de nos productions », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de tirer profit de ce soutien.
Adama Sougouri a toutefois plaidé pour un renforcement du dispositif d’accompagnement, estimant que les défis du secteur dépassent le seul besoin de financement : modernisation des équipements, transition numérique, formation continue des professionnels et recherche d’un modèle économique viable. « Nous souhaitons que les efforts engagés en faveur de l’amélioration du mécanisme de soutien public puissent se poursuivre, notamment par une réflexion sur l’évolution des ressources consacrées à la presse privée, l’adaptation des modalités d’accompagnement aux réalités économiques du secteur et le développement de mécanismes complémentaires favorisant l’innovation et la vitalité des entreprises », a plaidé le porte-parole des bénéficiaires.
Par Léon Yougbaré


