Le secteur bancaire ghanéen a enregistré un bénéfice après impôt de 460,37 milliards de FCFA au cours des huit premiers mois de 2026. Malgré ce niveau de profits, la rentabilité des établissements bancaires montre des signes d’essoufflement, sous l’effet de la contraction des revenus nets d’intérêts et de la forte augmentation des provisions pour pertes sur créances. Selon le Rapport sur le développement du secteur bancaire d’octobre 2026, le bénéfice après impôt a reculé de 5,7 % en glissement annuel, passant de 485,39 milliards de FCFA en août 2025 à 460,37 milliards de FCFA en août 2026.
Cette évolution marque un ralentissement après la forte progression des bénéfices observée l’année précédente. En août 2025, le bénéfice après impôt du secteur avait augmenté de 46,1 %. La baisse enregistrée en 2026 montre ainsi un changement de dynamique, dans un environnement caractérisé par la diminution des taux d’intérêt et l’augmentation des charges liées au risque de crédit.
Le bénéfice avant impôt a suivi la même tendance, avec un recul de 5,7 % sur un an, alors qu’il avait progressé de 42 % à la même période en 2025. Bien que les banques continuent de dégager des résultats substantiels, leur capacité à maintenir le rythme de croissance antérieur est désormais mise à l’épreuve. La préservation des marges, la maîtrise des charges et la gestion des risques liés aux crédits constituent des enjeux majeurs pour les prochains mois.
La baisse des revenus nets d’intérêts constitue l’un des principaux facteurs de pression sur la rentabilité du secteur. Ces revenus ont diminué de 4,2 % en août 2026, inversant la progression de 21,8 % enregistrée au cours de la même période en 2025. Selon le rapport, cette évolution s’explique en grande partie par un environnement de taux d’intérêt plus faibles, qui réduit les revenus générés par les prêts et les autres actifs rémunérés.
Si la baisse des taux peut favoriser la demande de crédit et alléger le coût de financement des emprunteurs, elle est également susceptible de réduire les marges des banques lorsque les rendements de leurs actifs diminuent plus rapidement que le coût de leurs ressources. L’écart d’intérêt du secteur, qui mesure la différence entre les intérêts perçus et les intérêts versés, s’est ainsi établi à 5,9 % en août 2026, contre 7,9 % un an auparavant. Dans le même temps, le rendement brut a chuté à 8,1 %, contre 11,6 % en août 2025.
Ces indicateurs marquent une diminution des rendements tirés des activités génératrices d’intérêts, qui demeurent une composante essentielle des revenus des banques commerciales. Cette situation oblige les établissements à rechercher de nouveaux relais de croissance pour compenser la réduction de leurs marges traditionnelles.
Dans ce contexte moins favorable, les revenus issus des frais et commissions constituent un point positif. Ils ont progressé de 17,9 % en août 2026, contre une hausse de 13,1 % au cours de la même période en 2025.
Toutefois, cette progression n’a pas suffi à compenser le recul global de la rentabilité. Le rapport relève également un ralentissement de la croissance des autres revenus par rapport à la période correspondante de 2025.
Si les banques ont réussi à modérer la progression de leurs charges d’exploitation, l’augmentation des provisions pour pertes sur créances constitue un autre facteur de préoccupation. Les dépenses d’exploitation ont progressé de 6,4 % en août 2026, contre 19,5 % un an auparavant. Ce ralentissement s’explique notamment par une progression plus modérée des charges de personnel et une contraction des dépenses hors personnel.
En revanche, les provisions pour dépréciation d’actifs et pertes potentielles sur créances ont bondi de 76,3 %, après une contraction de 46 % en août 2025. Cette forte augmentation est susceptible de peser sur les résultats des établissements, dans la mesure où les provisions réduisent les bénéfices comptabilisés afin de tenir compte des pertes potentielles sur les actifs, notamment les prêts.
L’affaiblissement des bénéfices se reflète également dans les principaux indicateurs de performance financière du secteur bancaire ghanéen. Le rendement des capitaux propres (ROE), qui mesure la capacité des banques à générer des bénéfices à partir des fonds investis par leurs actionnaires, est tombé à 22,2 % en août 2026, contre 32,2 % un an auparavant. Le rendement des actifs (ROA), qui évalue la capacité des établissements à tirer profit de leurs actifs, a également diminué, passant de 5,6 % à 4,3 %. Parallèlement, le ratio d’utilisation des actifs, qui rapporte le revenu brut au total des actifs, s’est établi à 7,3 %, contre 9,2 % en août 2025.
Par Amhed Coulibaly


