JPMorgan Chase & Co. intensifie ses démarches pour renforcer sa présence sur le marché financier nigérian. Le groupe bancaire américain a déposé 38 millions de dollars auprès de la Banque centrale du Nigeria (CBN), dans le cadre du processus d’obtention d’une licence bancaire, selon des informations rapportées mardi par Bloomberg.
Ce dépôt constitue l’une des dernières exigences réglementaires nécessaires à l’approbation de sa demande. Il témoigne de la volonté du géant bancaire américain de développer une activité de banque d’affaires au Nigeria, sous réserve de l’autorisation des autorités compétentes. JPMorgan ambitionne de lancer ses opérations avant la fin de l’année 2026, ce qui renforcerait sa présence directe dans l’un des principaux centres économiques et financiers du continent africain.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les autorités nigérianes cherchent à attirer davantage de capitaux internationaux, à renforcer la profondeur de leurs marchés financiers et à améliorer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Pour JPMorgan, l’obtention de cette licence permettrait de consolider ses relations avec les entreprises et les institutions financières locales, tout en développant ses capacités d’accompagnement des opérations financières transfrontalières.
L’implantation envisagée s’inscrit dans une relation ancienne entre le groupe américain et le Nigeria. Dès 1961, Chase Manhattan Bank, l’une des institutions à l’origine de JPMorgan Chase, avait ouvert une agence à Lagos afin de fournir des services bancaires aux entreprises et aux particuliers. En 1982, l’établissement avait également mis en place un bureau de représentation dans le pays. La fusion de Chase Manhattan avec J.P. Morgan & Co., en 2000, a ensuite contribué à la formation du groupe bancaire actuel.
Au-delà de cette présence historique, le Nigeria occupe une place importante dans la stratégie d’expansion africaine de JPMorgan. En octobre 2024, son directeur général, Jamie Dimon, avait indiqué à Reuters que le groupe souhaitait pénétrer de nouveaux marchés ou approfondir ses activités dans un à deux pays africains environ tous les deux ans. Le Kenya et la Côte d’Ivoire figuraient alors parmi les marchés envisagés, notamment pour le développement des activités de banque commerciale, de banque d’investissement et de gestion de trésorerie.
L’entrée projetée sur le marché nigérian s’inscrirait ainsi dans cette dynamique d’expansion sélective sur le continent. Elle pourrait permettre à JPMorgan de mieux accompagner les grandes entreprises, de faciliter leurs opérations internationales et de répondre aux besoins croissants en financement et en services financiers sophistiqués.
Par Amhed Coulibaly


