La part du Ghana dans l’approvisionnement des besoins pétroliers du Burkina serait passée de 15 % à 40 %, selon Tema Oil Refinery

Le Ghana entend consolider sa position dans l’approvisionnement du marché pétrolier burkinabè. Dans cette perspective, l’Autorité nationale du pétrole du Ghana (NPA) a engagé des discussions avec la nouvelle direction de la Société nationale burkinabè d’hydrocarbures (SONABHY) afin d’explorer de nouvelles possibilités de coopération et de renforcer les échanges transfrontaliers de produits pétroliers entre les deux pays, rapporte les médias ghanéens.

Le directeur général de la NPA, Godwin Kudzo Tameklo, a reçu le nouveau directeur général de la SONABHY, Patrice Forogo, lors d’une rencontre consacrée au renforcement des relations bilatérales dans le secteur pétrolier. Les échanges ont notamment porté sur le développement du commerce des produits pétroliers raffinés, le financement des opérations et les perspectives de coopération entre les institutions des deux pays.

À cette occasion, Godwin Kudzo Tameklo a exprimé l’intérêt du Ghana à approfondir son implication dans l’approvisionnement et le transport de produits pétroliers vers le Burkina Faso. Il a également souligné le potentiel de développement des échanges commerciaux dans ce domaine, qui représente un enjeu stratégique pour les deux économies.

Cette rencontre intervient dans le prolongement d’une visite effectuée par Patrice Forogo auprès de la Tema Oil Refinery (TOR), la raffinerie pétrolière du Ghana. Les discussions entre les deux entreprises ont porté sur le renforcement de leur coopération historique et l’exploration de nouvelles opportunités commerciales, notamment à travers des transactions pétrolières et des prestations de services susceptibles de générer des revenus supplémentaires.

Selon les informations communiquées par la raffinerie ghanéenne, la part du Ghana dans l’approvisionnement des besoins pétroliers du Burkina Faso serait passée d’environ 15 % à 40 % depuis le retour au pouvoir du président John Dramani Mahama en 2024. Cette progression montre le poids croissant du Ghana dans les circuits d’approvisionnement du marché burkinabè et ouvre des perspectives pour les opérateurs intervenant dans le commerce, le transport et la distribution des hydrocarbures.

Pour les opérateurs ghanéens, le renforcement des relations avec la SONABHY pourrait ouvrir des perspectives dans l’approvisionnement, le transport, le stockage et les services associés. Du côté burkinabè, une coopération plus étroite avec les institutions et les entreprises ghanéennes pourrait contribuer à diversifier les partenariats commerciaux et à consolider les mécanismes d’approvisionnement en produits pétroliers.

La complémentarité entre la NPA et la Tema Oil Refinery pourrait également favoriser une approche plus structurée de cette coopération. Tandis que la raffinerie intervient sur le volet industriel et commercial, l’autorité de régulation peut contribuer aux échanges institutionnels sur les conditions encadrant les activités pétrolières. Cette articulation pourrait faciliter le développement des relations entre les opérateurs, sous réserve des dispositions réglementaires applicables dans les deux pays.

À ce stade, aucune nouvelle facilité de financement, aucun accord de crédit ni aucun changement réglementaire précis n’a été annoncé à l’issue de la rencontre.

Pour le Ghana, l’enjeu consiste à consolider sa présence sur le marché burkinabè tout en augmentant les retombées économiques du commerce régional pour ses entreprises. Pour le Burkina Faso, l’objectif est de maintenir des relations d’approvisionnement solides et d’explorer de nouvelles possibilités de coopération avec ses partenaires régionaux.

Par Amhed Coulibaly

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