Niger : la Banque africaine de développement accorde 80 milliards de FCFA pour réformer le secteur de l’énergie

Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 21 octobre 2026 à Abidjan, un prêt de 144,34 millions de dollars, soit environ 80 milliards de FCFA, en faveur du Niger. Ce financement est destiné à la mise en œuvre de la deuxième phase du Programme d’appui à la gouvernance du secteur de l’énergie et à la compétitivité (PAGSEC-II).

L’enveloppe comprend un prêt de 123,72 millions de dollars accordé par le Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la BAD, et un financement de 20,62 millions de dollars mobilisé auprès de la Facilité d’appui à la transition (FAT), dédiée aux pays membres en situation de transition.

Selon Mamadou Tangara, responsable du bureau pays de la Banque pour le Niger, cette deuxième phase vise à renforcer la compétitivité économique du pays et sa capacité à faire face aux chocs. Les interventions porteront notamment sur l’amélioration de l’accès à l’énergie, le développement du secteur privé, le renforcement du cadre budgétaire et la prise en compte des populations vulnérables dans les politiques publiques.

Des acquis dans la gouvernance énergétique

La première phase du programme a permis au Niger d’engager plusieurs réformes dans le secteur de l’énergie. Le pays a notamment adopté son Document de Compact énergétique national dans le cadre de l’Initiative M300, à laquelle il a adhéré, et mis en place une cellule nationale chargée du suivi de sa mise en œuvre.

Le programme a également accompagné l’actualisation de la politique nationale de l’énergie et la création d’un cadre de concertation inclusif pour élaborer un plan de viabilité du secteur. Le Niger dispose désormais d’un système d’informations énergétiques opérationnel et d’un plan de production d’électricité à moindre coût.

Sur le plan du développement du secteur privé, les autorités ont adopté la Charte des Micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et révisé le cadre institutionnel d’administration du Code des investissements. Le plan d’actions du Cadre national de dialogue public-privé a également été validé.

Le statut juridique de la deuxième zone industrielle de Niamey a, par ailleurs, été adopté. Cette étape doit, selon l’institution panafricaine, contribuer à son opérationnalisation en vue d’attirer des investisseurs privés.

En matière de gestion des finances publiques, le gouvernement a rétabli les principales structures de contrôle qui avaient été suspendues ou étaient devenues non fonctionnelles après les événements de juillet 2023. La Cour des comptes et l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) sont désormais pleinement opérationnelles.

Le nouveau Code de l’électricité au cœur de la deuxième phase

Avec le PAGSEC-II, la Banque africaine de développement entend poursuivre son appui aux réformes de la gouvernance énergétique. Le programme accompagnera notamment la mise en œuvre du nouveau Code de l’électricité, dont l’adoption a bénéficié de son soutien.

L’intervention portera également sur l’adoption des textes d’application de ce code, notamment le cadre réglementaire de l’électrification rurale décentralisée, qui concerne les mini-réseaux et les systèmes individuels. La création d’un organe chargé de promouvoir les énergies renouvelables figure aussi parmi les actions prévues. Ces mesures s’inscrivent dans la poursuite des réformes engagées pour améliorer l’organisation et le fonctionnement du secteur énergétique nigérien.

Le programme prévoit également des mesures en faveur de l’amélioration de l’environnement des affaires, du développement industriel et de l’entrepreneuriat des jeunes. À ce titre, il accompagnera la poursuite de l’apurement des arriérés intérieurs, conformément au plan établi par les autorités.

Il soutiendra aussi l’opérationnalisation de l’Agence de promotion de l’actionnariat populaire pour l’entrepreneuriat communautaire (APAPEC-NIGER). Cette structure aura pour principales missions de favoriser l’esprit d’entreprise au sein des communautés et de contribuer à l’industrialisation des secteurs d’activité économique considérés comme stratégiques.

Enfin, le dialogue entre la Banque et les autorités nigériennes se poursuivra sur le renforcement du cadre fiduciaire et les questions sociales. Les échanges porteront notamment sur l’accès à l’eau et à l’assainissement, ainsi que sur la prise en charge des victimes des catastrophes et de l’insécurité.

Par David Yaméogo

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