Le taux d’inclusion financière atteint 76,1 % dans l’UEMOA en 2025, en hausse de 2,5 points, selon le tableau de bord publié par la BCEAO. Cette progression doit beaucoup à la monnaie électronique, qui concentre l’essentiel des transactions et affiche les croissances les plus fortes du document. Le recours aux banques reste, lui, beaucoup plus limité.
Les trois indicateurs d’utilisation de la BCEAO racontent des histoires différentes. C’est ce que montre le tableau de bord de l’inclusion financière dans l’UEMOA, publié par la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Le taux de bancarisation strict ne s’élève qu’à 26,9 %, en progression de 1,6 point comparé à son niveau de 2024. Le taux de bancarisation élargi atteint 50,6 %, soit 3,2 points de plus. Le taux d’inclusion financière, le plus large, culmine à 76,1 %.
L’accès aux services financiers progresse nettement. L’Union compte 224 points de services pour 10 000 adultes, contre 193 en 2024, soit environ 16 % de plus. Sur le plan géographique, la densité passe de 470 à 563 points pour 1 000 km², une hausse d’environ 20 %.
La monnaie électronique, locomotive de l’inclusion
Pour l’année 2025, les chiffres de la monnaie électronique sont ceux qui progressent le plus. Les comptes ouverts atteignent 284,76 millions, en hausse de 14,5 %, mais seuls 92,71 millions sont actifs, soit environ un tiers du total. Le nombre de comptes actifs progresse toutefois plus vite (+20,6 %) que celui des comptes ouverts.
Les transactions bondissent de 37,3 %, à 16,37 milliards d’opérations, pour une valeur de 219 151 milliards FCFA, en hausse de 39,7 %. Le taux d’utilisation de ces services s’établit à 60,3 %, en progression de 3,1 %. Les points de services dédiés bondissent de 50,8 %, à plus de 1,45 million.
La répartition par catégorie montre que les transferts de personne à personne ont atteint 58 781 milliards FCFA, suivi des rechargements de porte-monnaie évalués à 55 725 milliards FCFA. Les retraits en espèces, ont pour leur part, atteint 52 230 milliards FCFA.
Viennent ensuite les transferts intra-UEMOA, avec 23 953 milliards FCFA. Les paiements marchands plafonnent à 11 756 milliards FCFA. Les paiements de factures (2 167 milliards), de salaires (1 111 milliards) et les crédits téléphoniques (3 024 milliards) restent marginaux. Une catégorie « autres » regroupe 10 404 milliards FCFA.
Cartes et distributeurs : une croissance plus modérée
Du côté bancaire, le parc compte 4 608 distributeurs et guichets automatiques, en progression de 6,3 % et 17 717 terminaux de paiement électronique. Les cartes bancaires atteignent 8,76 millions d’unités (+9,3 %), tandis que les cartes prépayées, au nombre de 2,59 millions, augmentent de 44,8 %.
Les opérations monétiques ont totalisé 245,88 millions de transactions (+15 %), pour 16 389 milliards FCFA (+4,3 %). Côté prix, le taux d’intérêt nominal des crédits bancaires s’établit à 6,69 %, contre 6,76 % en 2024. Celui des dépôts progresse à 5,41 %, contre 5,26 %.
Par Léon Yougbaré


