Ghana : un méga-projet avicole de 270 millions de dollars pour réduire la dépendance du pays aux poulets importés

Le Ghana entend renforcer sa production avicole nationale avec un programme d’investissement de 270 millions de dollars porté par la société britannique Agrium Capital et le Programme 24 Heures sur 24 et Développement accéléré des exportations (24H+). Le projet vise à réduire la dépendance du pays aux importations de poulet, à renforcer la sécurité alimentaire et à créer des emplois sur l’ensemble de la chaîne de valeur avicole.

Un nouvel accord conclu entre les partenaires marque une avancée dans la préparation de cette initiative, qui s’appuie sur des termes de référence signés en août 2026. Le partenariat associe Agrium Capital, filiale d’Asset Green Ltd, à plusieurs institutions ghanéennes, notamment Petra Trust, Axis Pension Trust et Ghana EXIM Bank. Cette coopération entend mobiliser des capitaux privés internationaux et des financements institutionnels nationaux pour développer une filière avicole intégrée et commercialement viable.

Le programme ambitionne de générer 12 000 emplois directs. Sa première phase prévoit une production annuelle de 20 000 tonnes de produits de poulet de chair préparés et transformés, avec une capacité appelée à atteindre 50 000 tonnes à mesure que le projet se développe. Cette montée en puissance représenterait une augmentation de 150 % de la capacité initiale.

L’enjeu économique est important pour le Ghana, qui dépense chaque année entre 300 et 400 millions de dollars pour importer du poulet et d’autres produits avicoles, selon les données citées de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette dépendance expose le marché intérieur aux fluctuations de l’offre internationale et entraîne d’importantes sorties de devises au profit des producteurs étrangers.

Pour y remédier, le projet prévoit la mise en place d’une chaîne de production intégrée, allant de la culture et de la fabrication d’aliments pour animaux aux fermes d’élevage, aux écloseries, à la production de poulets de chair et aux unités de transformation. Il comprend également des infrastructures de chaîne du froid, de logistique et de distribution, afin de renforcer l’approvisionnement du marché local.

La participation des institutions financières ghanéennes constitue un autre volet important de l’initiative. Elle vise à mobiliser des financements à long terme pour des infrastructures que les exploitants avicoles individuels auraient des difficultés à développer seuls. Les retombées attendues pourraient également bénéficier aux petits agriculteurs et aux entreprises locales fournissant des aliments pour animaux et d’autres intrants.

Pour Kofi D. Fynn, directeur général de Petra Trust, l’engagement des institutions de retraite traduit la volonté d’orienter les ressources financières à long terme vers des activités productives. Le projet pourrait ainsi soutenir l’emploi dans l’agriculture, la transformation, l’entreposage, le transport et la distribution.

La mise en œuvre de cette initiative nécessitera toutefois de relever plusieurs défis, notamment la maîtrise des coûts de l’alimentation animale, la santé des volailles, la biosécurité, la fiabilité de l’approvisionnement en énergie et le respect des normes de transformation. La compétitivité du poulet local en matière de prix et de qualité sera également déterminante face aux produits importés.

Soutenu par le Tony Blair Institute for Global Change, qui a facilité la signature initiale à Accra en août, le partenariat renforce la coopération économique entre le Ghana et le Royaume-Uni dans l’agriculture et l’agro-industrie.

Par Drissa Ouattara

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