CANAL+ et MultiChoice réorganisent les offres de télévision payante DStv avec quatre nouveaux forfaits et des tarifs revus à la baisse dans plusieurs marchés africains. Applicable à partir du 5 novembre 2026, cette réforme vise à rendre les contenus plus accessibles et à relancer la croissance du nombre d’abonnés, dans un contexte de concurrence accrue et de recul de la clientèle.
Le groupe français CANAL+ et sa filiale MultiChoice engagent une nouvelle offensive commerciale sur le marché africain de la télévision payante. Les deux entreprises ont annoncé une restructuration des abonnements DStv dans plusieurs pays du continent, avec une simplification des offres et des réductions de prix destinées à élargir leur base de clients. Les nouveaux tarifs entreront en vigueur le 5 novembre 2026, dans le cadre de la campagne « Expect More », qui met l’accent sur l’accessibilité financière et l’enrichissement des contenus proposés aux téléspectateurs.
La nouvelle grille reposera principalement sur quatre formules : Starter, Select, Sports et Ultimate. Cette dernière appellation remplacera celle de Premium dans plusieurs marchés, tandis que le Nigeria conservera son offre Premium au sommet de la gamme. L’Afrique du Sud et le Botswana maintiendront, pour leur part, cinq niveaux d’abonnement. Cette réorganisation doit permettre aux clients de choisir plus facilement une formule correspondant à leurs habitudes de consommation et à leur budget.
Au Kenya, les réductions annoncées sont particulièrement importantes. Le forfait Starter sera proposé à 750 shillings kényans (KES) par mois, contre 1 500 KES pour Select et 3 000 KES pour Sports. L’offre Ultimate, qui remplace l’ancien forfait Premium, coûtera 7 300 KES, contre 11 700 KES auparavant. Cette dernière baisse représente une économie mensuelle de 4 400 KES, soit environ 38 % du tarif précédent.
Au Ghana, les nouveaux abonnements seront commercialisés à 50, 100, 250 et 570 cedis ghanéens (GH¢) par mois, respectivement pour Starter, Select, Sports et Ultimate. La nouvelle grille résulte notamment de discussions entre MultiChoice et les autorités ghanéennes autour du coût des abonnements et de l’accès des ménages aux contenus audiovisuels.
Au Nigeria, les tarifs mensuels annoncés s’établissent à 6 000 nairas pour Starter, 11 000 nairas pour Select, 21 000 nairas pour Sports et 44 500 nairas pour Premium. En Ouganda, les quatre formules seront proposées à 25 000, 60 000, 100 000 et 185 000 shillings ougandais. Ces prix illustrent la volonté du groupe d’adapter ses offres aux réalités économiques et aux capacités de paiement propres à chaque marché.
Au-delà de la baisse des tarifs, la réforme porte également sur le contenu des bouquets, notamment sportifs. Le forfait Sports donnera accès à l’ensemble des rencontres de la Premier League anglaise et de la Ligue des champions de l’UEFA, ainsi qu’à d’autres compétitions et programmes sportifs, dont la WWE et l’UFC. L’offre Ultimate conservera un positionnement plus haut de gamme, avec des disciplines supplémentaires telles que la Formule 1, le MotoGP, le cricket, le rugby, le tennis et le golf, selon les marchés concernés. Les formules Starter et Select proposeront, quant à elles, une combinaison de chaînes de divertissement, de films, de séries, de programmes pour enfants et de contenus sportifs sélectionnés.
Cette refonte intervient alors que MultiChoice cherche à enrayer l’érosion de sa clientèle sur plusieurs marchés africains. Au Nigeria, le groupe avait perdu 1,4 million d’abonnés entre mars 2023 et mars 2025, selon les chiffres rapportés en juin 2025. L’entreprise avait notamment évoqué les pressions inflationnistes et les difficultés économiques rencontrées par les ménages. La hausse du coût de la vie a ainsi contribué à fragiliser la capacité d’une partie des consommateurs à maintenir leur abonnement à la télévision payante.
La pression sur les prix s’est également manifestée au Ghana, où les autorités ont engagé des discussions avec MultiChoice afin d’obtenir des tarifs plus accessibles. La nouvelle grille tarifaire s’inscrit donc dans une stratégie qui cherche à concilier les impératifs de rentabilité du groupe et les contraintes budgétaires des consommateurs, tout en renforçant l’attractivité des offres légales face aux solutions de diffusion non autorisées.
Par Amhed Coulibaly


