Le président nigérian Bola Tinubu entend faire des investissements dans les infrastructures l’un des principaux moteurs de transformation de l’économie nationale. Dans le cadre de son ambition de porter le produit intérieur brut (PIB) du Nigeria à 1 000 milliards de dollars d’ici 2030, son administration mise notamment sur de grands projets routiers, énergétiques et portuaires, dont l’autoroute côtière Lagos-Calabar, qui pourrait contribuer à hauteur de 2 % au PIB et générer environ 250 000 emplois directs et indirects.
Le Nigeria entend changer d’échelle économique à l’horizon 2030. Pour atteindre un produit intérieur brut (PIB) de 1 000 milliards de dollars, le président Bola Tinubu place les investissements dans les infrastructures au cœur de sa stratégie de croissance et d’industrialisation. Dans un essai intitulé « Des réformes à la mise en œuvre : notre stratégie d’investissement et de croissance dans les infrastructures », publié le 29 octobre 2026, le chef de l’État a défendu les projets d’emprunt de son administration, estimant que leur pertinence doit être appréciée à l’aune des infrastructures réalisées, de la valeur économique créée et des retombées à long terme pour les populations.
Parmi les projets structurants mis en avant figure l’autoroute côtière Lagos-Calabar. Selon les projections présentées par Bola Tinubu, cette infrastructure pourrait contribuer jusqu’à 2 % au PIB nigérian grâce à l’expansion du commerce, du tourisme et des activités industrielles le long de son corridor. Elle devrait également permettre de réduire les coûts logistiques de 15 % à 20 %, avec des effets attendus sur la circulation des marchandises, la compétitivité des entreprises et l’intégration des marchés régionaux.
Sur le front de l’emploi, le projet devrait générer environ 100 000 emplois directs dans les secteurs de la construction et de l’ingénierie, auxquels s’ajouteraient plus de 150 000 emplois indirects dans la logistique, les matériaux de construction et les services connexes. Soit un potentiel d’environ 250 000 emplois au total. Pour le président nigérian, cette infrastructure dépasse ainsi sa fonction routière pour devenir un instrument de transformation du tissu productif national.
« Nous ne construisons pas simplement des autoroutes. Nous ouvrons des corridors économiques, connectons les marchés, débloquons des industries et remodelons la géographie économique du Nigeria », a-t-il déclaré.
Au-delà de Lagos-Calabar, le programme d’investissement du gouvernement comprend notamment la superroute Sokoto-Badagry, la superroute transsaharienne, la modernisation du réseau électrique ainsi que la mise à niveau des principaux ports commerciaux de Lagos. Ces projets doivent améliorer la connectivité intérieure, renforcer les capacités énergétiques et faciliter les échanges commerciaux. L’administration nigériane entend également investir dans la santé, l’éducation et la formation professionnelle afin d’accompagner l’augmentation des capacités productives du pays.
Pour Bola Tinubu, l’objectif d’une économie de 1 000 milliards de dollars ne peut être atteint sans une transformation profonde des infrastructures nationales. « Nous ne pouvons pas construire une économie d’un trillion de dollars avec des infrastructures conçues pour une économie d’une fraction de cette taille », a-t-il soutenu.
Cette stratégie repose également sur les réformes économiques engagées depuis mai 2023, notamment la suppression de la subvention sur les carburants, l’unification des taux de change et les réformes fiscales. Le président estime que ces mesures, malgré leurs coûts sociaux et économiques, ont contribué à restaurer les équilibres macroéconomiques, à renforcer les finances publiques et à améliorer la confiance des investisseurs.
À l’appui de son argumentaire, il a notamment évoqué une croissance réelle du PIB de 4,43 % au deuxième trimestre 2026, tandis que l’inflation globale est retombée à 14,63 % en septembre 2026, contre 20,98 % un an auparavant. Les réserves extérieures brutes atteignaient, selon lui, 55,1 milliards de dollars au 9 octobre 2026, dont environ 46 milliards de dollars de réserves nettes. Le ratio recettes fiscales sur PIB serait également passé de 7 % à 12,5 %.
Ces indicateurs, auxquels s’ajoutent les appréciations positives des agences internationales de notation financière, devraient permettre au Nigeria d’améliorer ses conditions d’accès aux marchés de capitaux, d’attirer davantage d’investissements institutionnels et de mobiliser des financements à plus longue maturité. Le gouvernement affirme ainsi vouloir orienter progressivement l’endettement vers des investissements productifs capables de générer des rendements économiques, plutôt que de financer essentiellement des dépenses à court terme.
Par Drissa Ouattara


