Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme : la Côte d’Ivoire et la RDC sortent de la liste grise du GAFI

La Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo (RDC) ne figurent plus sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). La décision, adoptée lors de la plénière de l’organisation tenue à Paris, le vendredi 30 octobre 2026, vient saluer les réformes engagées par les deux pays pour renforcer leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Pour la Côte d’Ivoire, ce retrait intervient après 24 mois de surveillance renforcée. Inscrit sur la liste grise du GAFI le 25 octobre 2024, le pays a vu son plan d’action jugé substantiellement achevé le 19 juin 2026. Cette appréciation préliminaire avait ouvert la voie à une visite d’évaluation sur place, destinée à vérifier la mise en œuvre effective et durable des réformes avant toute décision de retrait de la liste grise.

La RDC, pour sa part, était soumise à cette surveillance depuis octobre 2022. Pour remédier aux lacunes relevées dans son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le pays a exécuté un plan d’action comprenant 23 mesures, dont la mise en œuvre a été documentée à travers dix rapports de progrès. Une mission d’évaluation menée en septembre 2026 a permis de vérifier les avancées accomplies avant le retrait annoncé le 30 octobre.

Dans les deux pays, la sortie de la liste grise repose sur des réformes juridiques, institutionnelles et opérationnelles. Les chantiers engagés ont notamment porté sur le renforcement du renseignement financier, la surveillance des opérations financières et l’amélioration des mécanismes de contrôle des professions assujetties. En RDC, plusieurs structures ont participé à ces travaux, dont la Cellule nationale de renseignements financiers (CENAREF), la Banque centrale du Congo et l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), aux côtés des services judiciaires et des acteurs privés concernés.

Cette mise en conformité pourrait également profiter aux activités économiques des deux pays. Le retrait de la liste grise est susceptible de faciliter les relations avec les correspondants bancaires internationaux et de réduire les contraintes liées à la perception d’un risque accru. Les entreprises pourraient ainsi bénéficier de transactions transfrontalières plus fluides, tandis que les investisseurs et les partenaires économiques disposeraient d’un signal favorable quant aux efforts déployés en matière de conformité financière.

Toutefois, la sortie de la liste grise ne dispense pas les autorités de poursuivre les contrôles et de veiller à l’application durable des réformes engagées.

Par Leila Toé

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

spot_img

Sur le même sujet