British International Investment (BII), l’institution britannique de financement du développement, prévoit de consacrer environ 2,25 milliards de livres sterling, soit près de 3 milliards de dollars, aux marchés frontières africains et aux pays les moins avancés au cours des cinq prochaines années. À travers cette enveloppe, l’institution entend soutenir les économies qui peinent à attirer les capitaux des grands investisseurs institutionnels, notamment en raison de leur faible notation de crédit et des risques associés à leur environnement économique.
Annoncée dans le cadre de sa stratégie 2026-2031, cette allocation représente environ 25 % des 9 milliards de livres sterling que le BII prévoit d’investir en Afrique sur la période. L’institution entend ainsi renforcer sa présence dans les économies où les financements privés demeurent limités, en s’appuyant notamment sur des partenaires locaux pour développer les marchés financiers et faciliter l’accès des entreprises et des projets d’infrastructures aux capitaux.
Pour Leslie Maasdorp, directrice générale du BII, plusieurs économies africaines restent en marge des stratégies d’investissement des grands gestionnaires d’actifs mondiaux. La faiblesse de leur notation souveraine, voire l’absence de notation de crédit, constitue un obstacle majeur à leur capacité à mobiliser des financements internationaux. L’institution britannique entend donc maintenir ses engagements sur ces marchés, en dépit des risques plus élevés, grâce à des mécanismes de mobilisation des ressources nationales et à des partenariats avec des acteurs locaux.
« Nous sommes très réalistes et reconnaissons que nous ne ferons pas venir BlackRock investir au Burundi ou en République démocratique du Congo », a déclaré Leslie Maasdorp. Elle souligne ainsi la difficulté pour certains pays d’attirer les grands investisseurs mondiaux et la nécessité de disposer d’institutions capables d’intervenir sur ces marchés délaissés par les capitaux commerciaux.
Au-delà de cette enveloppe de 3 milliards de dollars, le plan d’investissement africain du BII prévoit 5 milliards de livres sterling de financements directs, auxquels devraient s’ajouter 4 milliards de livres mobilisés auprès de partenaires. Ces ressources seront principalement orientées vers les infrastructures et les secteurs productifs. À l’échelle de l’ensemble de ses zones d’intervention, l’institution vise un volume global d’investissement de 15 milliards de livres sterling sur la période 2026-2031.
Les secteurs de l’énergie, des transports et des infrastructures numériques figurent parmi les principales priorités. Les financements devraient notamment soutenir des projets de production d’électricité, de construction de ports et de chemins de fer, ainsi que le développement d’infrastructures numériques, notamment les tours de télécommunications et les centres de données. L’institution prévoit également d’accompagner l’inclusion financière, l’industrie manufacturière et les entreprises engagées dans la mobilité électrique.
Les services financiers conserveront également une place importante dans le portefeuille du BII. Selon Seema Dhanani, directrice régionale de l’institution pour l’Afrique de l’Est, les banques constituent des partenaires essentiels pour étendre la portée des financements, tout en permettant de concevoir des opérations adaptées aux besoins de secteurs économiques ciblés.
Les petites et moyennes entreprises (PME), l’agriculture, les entreprises détenues par des femmes et le financement climatique figurent notamment parmi les domaines que le BII souhaite soutenir à travers ses investissements dans le secteur bancaire.
Par Drissa Ouattara


