L’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote renforce ses ambitions dans les infrastructures énergétiques africaines. Le milliardaire a lancé la construction d’un vaste complexe de stockage de produits pétroliers en Namibie, un investissement estimé à 2,5 milliards de dollars, destiné à faciliter l’approvisionnement des marchés d’Afrique australe, notamment les pays enclavés. Le projet prévoit également la réalisation d’un réseau de pipelines de 1 700 kilomètres reliant plusieurs pays de la région.
La cérémonie de pose de la première pierre s’est déroulée à proximité de Walvis Bay, principal port de Namibie. À cette occasion, Aliko Dangote a expliqué que cette infrastructure devrait réduire les coûts logistiques et améliorer l’accès aux produits pétroliers dans les pays dépendants des importations. « Nous voulons investir massivement afin que la plupart des pays enclavés puissent accéder aux produits pétroliers à un prix plus bas », a-t-il déclaré.
Le projet comprend notamment un réseau de pipelines d’environ 1 700 kilomètres, qui devrait traverser le Botswana et l’Afrique du Sud, avec des possibilités d’extension vers d’autres marchés. Les installations de stockage devraient disposer d’une capacité globale d’environ 4 millions de barils, dont 360 millions de litres de diesel et 240 millions de litres d’essence, selon les indications communiquées par l’industriel.
Pour Aliko Dangote, cette infrastructure permettra de renforcer la sécurité énergétique de la Namibie tout en favorisant le commerce régional et le développement industriel. « Vos prix du pétrole seront bien, bien moins chers qu’ils ne sont », a-t-il assuré, évoquant les retombées attendues du projet sur les coûts d’approvisionnement.
Avec une population d’environ 3 millions d’habitants, la Namibie cherche à consolider ses capacités de stockage et de distribution de carburant dans un contexte de fortes incertitudes sur les marchés internationaux de l’énergie. Plus largement, plusieurs économies d’Afrique australe restent vulnérables aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et aux contraintes logistiques liées à leur dépendance aux importations de produits pétroliers. Les pays enclavés, notamment, supportent des coûts supplémentaires pour acheminer les hydrocarbures depuis les ports maritimes.
Le Botswana cherche ainsi à diversifier ses sources d’approvisionnement en négociant avec plusieurs fournisseurs, dont Oman et le groupe Dangote. Dans cette perspective, le futur corridor namibien pourrait modifier les circuits régionaux de distribution. Il offrirait une alternative au transport routier longue distance, actuellement largement utilisé pour acheminer le diesel vers les zones minières de l’intérieur du continent.
Au-delà de ses retombées logistiques, le projet pourrait également intensifier la concurrence entre les distributeurs de produits pétroliers en Afrique australe. Il s’inscrit dans une stratégie d’expansion continentale du groupe Dangote, qui a annoncé plus de 35 milliards de dollars d’investissements dans des projets d’infrastructures en Afrique cette année.
Cette offensive repose notamment sur le développement de la raffinerie Dangote située à Lagos, au Nigeria. Le groupe ambitionne de porter sa capacité de raffinage à 1,4 million de barils par jour au cours des trois prochaines années. Une fois cette extension réalisée, la raffinerie pourrait approvisionner davantage de marchés africains, notamment en Afrique australe et orientale. Une partie des produits pétroliers distribués à travers le futur réseau namibien pourrait ainsi provenir de cette installation.
Le groupe développe parallèlement d’autres infrastructures de transport et de stockage sur le continent. Il prévoit notamment un réseau reliant Djibouti à l’Éthiopie, ainsi qu’un autre pipeline destiné à acheminer les produits pétroliers depuis sa future raffinerie de Lamu, au Kenya, vers le marché éthiopien. Le Cameroun figure également parmi les pays concernés par ses projets d’infrastructures énergétiques
Par Amhed Coulibaly


