Burkina Faso : Baobab, la deuxième plus grande microfinance, fête ses dix ans de présence avec 279,3 milliards FCFA de crédits injectés dans l’économie

Baobab Burkina a célébré, le vendredi 6 novembre 2026, lors d’un dîner de gala à Ouagadougou, ses dix ans de présence au Burkina Faso. Depuis l’ouverture de sa première agence en 2016, l’institution de microfinance annonce avoir injecté 279,3 milliards FCFA dans le tissu économique burkinabè, à travers 225 177 crédits approuvés.

Baobab Burkina fait aujourd’hui partie des plus grandes institutions de microfinance au Burkina Faso. Installée depuis 2016, l’institution, l’une des sept filiales de Baobab Group, revendique plusieurs centaines de milliards de francs CFA injectés dans l’économie burkinabè. Au cours de la soirée de célébration de ses dix ans de présence au Burkina Faso, tenue le vendredi 6 novembre 2026 à Ouagadougou, les dirigeants ont présenté un bilan décennal dominé par le financement des très petites entreprises (TPE). Celles-ci représentent 98 % du portefeuille de crédits et ont reçu 151,7 milliards FCFA. Les petites et moyennes entreprises (PME) ont, de leur côté, bénéficié de 127,6 milliards FCFA, destinés à renforcer leur capacité d’investissement et à soutenir la création d’emplois durables. L’entrepreneuriat féminin occupe une place particulière dans ce dispositif : 36,3 milliards FCFA ont été accordés à des TPE dirigées par des femmes, et la part des financements qui leur sont destinés est passée de 39,1 % en 2021 à 47,4 % en 2025.

Le directeur général, Missa Adje, a présenté des indicateurs récents en nette progression. Le portefeuille net de crédits a augmenté de près de 60 %, passant de 45,4 milliards FCFA à fin décembre 2024 à 72 milliards FCFA à fin octobre 2026. Pour le seul mois d’octobre, l’institution a décaissé près de 12 milliards FCFA au profit de milliers de clients. Son total bilan s’élève à 80 milliards FCFA à fin octobre 2026, contre 66 milliards FCFA à fin 2025.

Du côté des ressources, les dépôts de la clientèle sont passés de 23 milliards à 33 milliards FCFA entre 2024 et 2025, soit une progression de 46,1 %, selon le directeur général. Ces dépôts ont été collectés auprès de 60 000 clients actifs. La qualité du portefeuille reste, selon lui, très solide, avec un portefeuille à risque à 30 jours maintenu à 1 %. Ce niveau, largement inférieur à la norme prudentielle de la BCEAO, fixée à 5 %, témoigne, selon le directeur général, de la robustesse et de l’adaptation du modèle de crédit et d’accompagnement de l’institution. Le bénéfice net a atteint 1,45 milliard FCFA à fin 2025, en hausse de plus de 42 % par rapport à l’exercice 2024.

Missa Adje, Directeur général de Baobab Burkina

Baobab Burkina, deuxième plus grande IMF du Burkina Faso

Il a également rappelé que le réseau compte désormais 16 agences et plus de 100 points correspondants. Grâce à l’ensemble de ces performances, Baobab est aujourd’hui classée comme la deuxième plus grande institution de microfinance du pays. « Nous envisageons de couvrir l’intégralité du pays dans les années à venir, parce que nous croyons au Burkina, à son potentiel et en son avenir », a déclaré Missa Adje.

M. Adje a insisté sur la méthode de l’institution, qui se positionne là où le système financier classique hésite à intervenir en raison du manque de garanties formelles. Son approche repose sur la confiance, la proximité et la connaissance du terrain. « Depuis nos premiers pas, Baobab a fait le choix stratégique et militant de se positionner comme un acteur essentiel au service du développement de l’économie de base », a-t-il renchéri, tout en mettant en avant la promotion de l’emploi des jeunes au sein de l’institution. En effet, Baobab Burkina compte 500 collaborateurs, dont la quasi-totalité des cadres dirigeants ont commencé au bas de l’échelle. « Aujourd’hui, ils dirigent des agences, ils dirigent des départements et ils font notre fierté », s’est-il félicité.

La présidente du conseil d’administration, Laurence do Rego, a souligné l’engagement du groupe Baobab dans un contexte qu’elle a qualifié de particulièrement éprouvant sur les plans sécuritaire et économique. « Nous ne sommes pas des partenaires de beaux jours, nous sommes un allié stratégique de long terme ancré dans le sol burkinabè », a-t-elle affirmé. Elle a présenté l’autonomisation économique des femmes comme un cheval de bataille et cité parmi les priorités le financement vert, notamment l’accès à l’énergie solaire en zone rurale.

Laurence do Rego, PCA de Baobab Burkina

Pour la suite, elle a indiqué que l’institution entend accélérer l’innovation digitale. « Le téléphone portable doit devenir la première agence bancaire de nos clients », a-t-elle souligné, en mettant l’accent sur les zones les plus reculées et la finance agricole.

Transparence et maîtrise des risques dans l’innovation

Mamadou Séré, conseiller technique représentant le ministre de l’Économie et des Finances, patron de la cérémonie, a rappelé que Baobab Burkina avait démarré ses activités en septembre 2016 avec pour mission de servir les entrepreneurs, les micro, petites et moyennes entreprises ainsi que les groupements insuffisamment accompagnés par le système bancaire classique. Il a relevé l’essor du numérique, avec l’application MyBaobab, les solutions de paiement et de transfert ainsi que le crédit automatisé destiné à certains clients.

Mamadou Séré, représentant du Ministre de l’Economie et des Finances, patron de la cérémonie

Il a toutefois posé une exigence : l’innovation doit aller de pair avec la protection de la clientèle, la transparence et la maîtrise des risques. « Dans le domaine de la microfinance, la confiance est un capital aussi important que les ressources financières », a-t-il expliqué. Le représentant du ministre a également plaidé pour une place plus importante du financement agricole dans le système financier, en encourageant Baobab Burkina à consolider ses interventions en milieu rural. « J’insiste sur la responsabilité économique et citoyenne qui accompagne la présence d’une institution financière au Burkina Faso », a ajouté M. Séré, citant, entre autres, la participation au financement de l’économie nationale à travers le développement de services financiers accessibles, la création d’emplois décents et la valorisation des compétences locales. « Il faut aussi veiller à ce que la croissance de l’institution reste compatible avec les exigences de solidité et de bonne gouvernance », a conclu le conseiller technique du ministre.

Baobab Burkina : plus qu’une institution de microfinance

Pour le directeur de la zone UEMOA de Baobab Group, Ruben Dieudonné, Baobab Burkina fait plus que de la microfinance. « Je préfère la finance inclusive, parce qu’on ne fait pas de la microfinance, on fait plus de la finance inclusive », s’est-il justifié, avant de saluer l’abnégation et les sacrifices des collaborateurs.

Ruben Dieudonné, directeur zone UEMOA du groupe Baobab

Selon lui, Baobab Burkina est à l’image du groupe dans la sous-région. « Le groupe Baobab, c’est particulièrement des gens qui se sacrifient au quotidien », a-t-il déclaré, rappelant que le succès de Baobab et de ses filiales repose sur trois piliers essentiels : la proximité, l’innovation et les ressources humaines. « La base de la réussite du groupe Baobab, c’est la qualité de ses ressources humaines », a-t-il insisté, en soulignant également la qualité des actifs.

Dans la même veine, la directrice administrative et financière (DAF) de Baobab Group, Christina Reifschneider, représentant le président du groupe, a salué les performances réalisées par la filiale burkinabè. Elle a rappelé que la vision du groupe consiste à repousser les frontières de la finance afin d’accompagner les personnes exclues du système classique. « Nous avons fait ce choix parce que nous croyons fermement qu’il faut tendre la main aux très petites, petites et moyennes entreprises de nos économies pour libérer leur potentiel et, avec cela, le potentiel du pays lui-même », a-t-elle affirmé, expliquant qu’il existe une forte demande de financement de la part de ces acteurs, à laquelle les banques ne répondent pas suffisamment.

Christina Reifschneider, DAF du groupe, représentant le président du groupe

La directrice administrative et financière du groupe a indiqué que cette demande croissante de financement s’est accompagnée d’une augmentation de plus de 30 % du portefeuille de crédits. « La maîtrise du risque démontre que les entrepreneurs burkinabè, hommes et femmes, savent parfaitement valoriser leur potentiel grâce à nos financements sur mesure », a-t-elle conclu.

Des attestations de reconnaissance à certains clients pour leur fidélité à l’institution

Par Léon Yougbaré

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Inscription à notre Newsletter

spot_img

Sur le même sujet