Nigeria : les recettes publiques atteignent un record de 14 520 milliards FCFA en dix mois grâce à la digitalisation de l’administration fiscale

Le Nigeria a mobilisé 14 520 milliards de FCFA de recettes publiques entre janvier et octobre 2026, soit 33 000 milliards de nairas, selon les chiffres communiqués par le gouvernement. Cette performance historique est attribuée en partie à la modernisation de l’administration fiscale et au déploiement d’outils numériques, notamment la facturation électronique.

L’information a été révélée le jeudi 5 novembre 2026 par Taiwo Oyedele, ministre des Finances et ministre coordinateur de l’Économie. Intervenant sur le thème « Souveraineté numérique et éthique : protéger l’économie pour la prochaine génération », le responsable gouvernemental a souligné le rôle croissant des technologies dans l’amélioration des performances de l’État en matière de mobilisation des ressources.

Selon une déclaration de Maryann Duke, assistante spéciale principale chargée de la communication et secrétaire de presse du ministre, l’amélioration des systèmes numériques, notamment la facturation électronique, figure parmi les principaux facteurs ayant contribué à cette mobilisation record de recettes. Ces outils permettent de renforcer l’administration fiscale, d’améliorer le suivi des transactions économiques et de réduire les possibilités de fraude et d’évasion fiscales.

Pour les autorités nigérianes, cette évolution confirme le potentiel de la technologie dans l’amélioration de l’efficacité des administrations publiques. Elle met également en évidence l’importance des investissements dans les infrastructures numériques, l’innovation locale et les capacités nationales de traitement des données pour soutenir la compétitivité économique du pays.

Au-delà des recettes fiscales, Taiwo Oyedele a particulièrement insisté sur la question de la souveraineté numérique, qu’il considère comme un enjeu stratégique pour l’avenir économique du Nigeria. Il a notamment mis en garde contre le risque de voir le pays devenir essentiellement un consommateur de technologies développées à l’étranger, alors même que les données générées par ses citoyens représentent une source importante de valeur économique.

S’appuyant sur les statistiques de la Commission nigériane des communications (NCC), le ministre a indiqué que le Nigeria comptait plus de 157 millions d’abonnements Internet actifs en mai 2026. Ces connexions génèrent d’importants volumes de données dans des secteurs aussi variés que les paiements, la santé, l’éducation et la fiscalité. Pourtant, selon des estimations de la Commission nigériane de protection des données citées par le ministre, jusqu’à 90 % des données du pays seraient hébergées à l’étranger.

Une situation qui, selon lui, entraîne des conséquences économiques importantes, notamment en matière de sorties de devises, de création d’emplois, de développement des compétences locales et de maîtrise des informations produites par les citoyens nigérians. Établissant un parallèle avec la dépendance historique du pays aux importations de produits pétroliers raffinés, Oyedele a appelé à éviter que l’économie numérique ne reproduise le même modèle de dépendance extérieure.

Le ministre plaide ainsi pour un renforcement des infrastructures numériques nationales, le développement de l’expertise technique locale et la mise en place d’un environnement réglementaire prévisible, afin que le Nigeria puisse capter une part plus importante de la valeur générée par ses propres données. Il a toutefois précisé que la souveraineté numérique ne signifie pas un repli sur soi, mais plutôt la capacité de participer à l’économie numérique mondiale en s’appuyant sur des talents locaux, des entreprises compétitives, des institutions performantes et des dispositifs efficaces de cybersécurité.

La facturation électronique constitue justement l’un des leviers mobilisés par le gouvernement pour moderniser son système fiscal. Lancée par l’administration fiscale nigériane, aujourd’hui dénommée Nigeria Revenue Service (NRS), cette plateforme vise à renforcer la transparence des transactions, améliorer le suivi des opérations commerciales et favoriser le respect volontaire des obligations fiscales.

Dès sa phase initiale, en 2025, le dispositif avait enregistré l’intégration de plus de 1 000 grandes entreprises. Entré officiellement en service pour les grands contribuables le 1er août 2025, après des consultations avec les acteurs économiques et des expérimentations pilotes lancées en janvier de la même année, le système a fait l’objet d’un déploiement progressif. Le calendrier initial de mise en œuvre a notamment été prolongé jusqu’en novembre 2025 pour tenir compte des contraintes opérationnelles et faciliter la transition des entreprises concernées.

Par Amhed Coulibaly

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