Dans un contexte de renchérissement du coût des ressources, qui a des répercussions sur la liquidité de la place, couplé à une concurrence ardue, Bank of Africa (BOA) Niger a enregistré des régressions sur ses chiffres en 2024. D’abord, le bénéfice net, qui était de 10,077 milliards FCFA en 2023, se réduit de moitié, soit une baisse de 50,36 % en 2024, pour s’établir à 5 milliards FCFA. Cette baisse est liée au repli de la marge bancaire de 15,43 %, impactée par l’enchérissement du coût des ressources consécutives au resserrement de la politique monétaire de la banque centrale. Les indicateurs de rentabilité se sont également dégradés au cours de l’année.
En outre, le chiffre d’affaires s’est contracté de 20,74 % par rapport à l’exercice 2023. Il est passé de près de 27 milliards à 21,38 milliards FCFA au terme de l’exercice 2024. Cette dégradation est imputable à la baisse de 29,02 % observée sur les commissions, qui passent de 9,974 milliards FCFA en 2023 à 7,079 milliards en 2024. De plus, le résultat brut d’exploitation a connu une chute de 39,59 %, s’affichant à 8,251 milliards FCFA contre 13,658 milliards un an plus tôt.
De même, le total bilan de la banque s’est réduit de 7,85 % à la fin de l’exercice 2024, passant de 349,869 milliards à 322,404 milliards FCFA. Cette diminution, selon la direction, répond à une volonté de la banque de réduire progressivement son exposition au bilan sur certains secteurs d’activités sinistrés. Par ailleurs, les fonds propres de la banque ont diminué de 7,69 %, passant de 45,669 milliards FCFA en 2023 à 42,156 milliards FCFA en 2024.
Toutefois, la direction annonce avoir accentué les efforts de recouvrement, ce qui a permis d’atteindre un montant total de 1,765 milliard FCFA, dans un contexte marqué par une conjoncture économique difficile. Pour l’exercice 2025, il est prévu une croissance du chiffre d’affaires et du bénéfice avant impôt de 6,1 % et 29,7 %, respectivement, comparé à 2024. Ces projections sont basées sur les effets des actions stratégiques à mettre en œuvre au cours de l’exercice, qui permettront également de réduire les charges d’exploitation à 3 % et le coût du risque à 0,2 %.
Par Léon Youbgaré


