Afreximbank promet un investissement de 3 milliards de dollars pour stimuler le commerce intra-africain de produits pétroliers raffinés afin de réduire la dépendance aux importations

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) s’attaque à l’un des talons d’Achille du développement énergétique du continent : sa dépendance chronique aux importations de carburants. L’institution financière panafricaine a annoncé un engagement de 3 milliards de dollars pour financer le commerce intra-africain de produits pétroliers raffinés et soutenir le renforcement des capacités de raffinage locales.

C’est à l’occasion d’une conférence sur l’énergie organisée au Cap, en Afrique du Sud, que le vice-président exécutif d’Afreximbank, Kanayo Awani, a dévoilé cette initiative ambitieuse. « Le temps est venu pour l’Afrique de prendre le contrôle de son destin énergétique », a-t-il martelé, déplorant que le continent, pourtant riche en pétrole brut et en gaz naturel, reste massivement dépendant des marchés extérieurs pour ses besoins en carburants.

Aujourd’hui, environ 80 % du brut extrait en Afrique est exporté tel quel, et près de la moitié du gaz naturel suit le même chemin. Faute d’infrastructures modernes et de raffineries suffisamment performantes, les pays africains sont contraints de réimporter des produits raffinés, pour un coût estimé à 30 milliards de dollars par an .

Le programme lancé par Afreximbank prévoit un mécanisme de financement renouvelable destiné à soutenir les échanges de produits tels que l’essence, le gazole, le fioul lourd et le kérosène entre pays africains. Objectif : stimuler les capacités de production locales, redynamiser les raffineries existantes et encourager la montée en puissance d’une industrie de raffinage continentale.

L’institution n’en est pas à son coup d’essai. Afreximbank a déjà joué un rôle clé dans plusieurs projets stratégiques, notamment le financement de la méga-raffinerie de Dangote au Nigeria, dotée d’une capacité de 650 000 barils par jour. Elle a également appuyé les raffineries de Lobito et de Cabinda en Angola, contribuant à porter la capacité de raffinage nigériane à 1,3 million de barils par jour. La banque vise désormais un objectif encore plus ambitieux : atteindre une capacité globale de 3 millions de barils par jour à court et moyen terme.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de forte croissance démographique et économique sur le continent, où la demande en carburants plus propres ne cesse d’augmenter. Selon une étude conjointe du cabinet CITAC et de Puma Energy, la demande africaine de carburants conformes aux standards internationaux pourrait grimper de 56 % d’ici 2040, pour atteindre 142 millions de tonnes métriques.

Avec cet engagement financier, Afreximbank espère transformer le golfe de Guinée et d’autres hubs régionaux en centres névralgiques du raffinage, réduisant la vulnérabilité du continent aux fluctuations des marchés mondiaux et posant les bases d’une souveraineté énergétique plus affirmée.

Par Ouattara

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