Les données de la Banque centrale du Nigeria (CBN) sur la balance de paiements affichent un important retournement de situation. Pour l’année 2024, le pays a enregistré un excédent de sa balance des paiements de 6,83 milliards de dollars. Une performance qui contraste nettement avec les déficits enregistrés les deux années précédentes : 3,34 milliards de dollars en 2023 et 3,32 milliards en 2022.
Ce redressement est attribué à un ensemble de réformes macroéconomiques, à une amélioration des performances commerciales et à un regain de confiance des investisseurs dans l’économie nigériane. Le compte courant et de capital a dégagé un excédent de 17,22 milliards de dollars, porté par un excédent commercial de 13,17 milliards.
Baisse des importations, hausse des exportations
Les importations de pétrole ont chuté de 23,2 %, atteignant 14,06 milliards de dollars, tandis que les importations non pétrolières ont reculé de 12,6 %, pour s’établir à 25,74 milliards. En parallèle, les exportations ont connu une embellie. Les ventes de gaz à l’étranger ont bondi de 48,3 % à 8,66 milliards de dollars, et les exportations non pétrolières ont progressé de 24,6 %, atteignant 7,46 milliards.
Diaspora et investissements en soutien
Les envois de fonds personnels, principalement ceux de la diaspora nigériane, ont augmenté de 8,9 %, pour s’établir à 20,93 milliards de dollars, tandis que les flux via les opérateurs internationaux de transfert d’argent (IMTO) ont connu une croissance impressionnante de 43,5 %, atteignant 4,73 milliards. L’aide publique au développement, elle aussi, a progressé de 6,2 %, pour atteindre 3,37 milliards de dollars.
Le pays a également enregistré une acquisition nette d’actifs financiers de 12,12 milliards de dollars. Les investissements de portefeuille ont doublé, passant à 13,35 milliards, tandis que les avoirs en devises des résidents ont augmenté de 5,41 milliards, témoignant d’un climat de confiance renforcé dans la stabilité économique du Nigeria.
Bémol sur les IDE, mais confiance maintenue
Un seul indicateur reste en retrait : les investissements directs étrangers (IDE), qui ont chuté de 42,3 %, à 1,08 milliard de dollars. Malgré cette baisse, le compte financier global est resté positif, confirmant l’intérêt des investisseurs pour les actifs financiers nigérians à court terme.
Les réserves extérieures ont quant à elles progressé de 6 milliards de dollars, atteignant 40,19 milliards à la fin de 2024, un niveau qui conforte la solidité de la position extérieure du pays.
Une meilleure qualité des données
Autre point notable : les erreurs et omissions nettes ont fortement reculé, passant de 24,9 milliards de dollars en 2023 à 5,1 milliards en 2024, soit une baisse de 79,5 %. Cette amélioration est perçue comme un signe de meilleure qualité des données économiques, de plus grande transparence et de progrès dans les mécanismes de collecte et de reporting.
Un programme de réformes qui porte ses fruits
L’excédent enregistré en 2024 est interprété comme la preuve tangible de l’efficacité des réformes économiques entreprises. La libéralisation et l’unification du marché des changes, une politique monétaire plus rigoureuse et mieux coordonnée avec la politique budgétaire, ainsi que des efforts pour stabiliser le naira et maîtriser l’inflation, ont permis de restaurer la confiance et d’améliorer la compétitivité de l’économie nigériane sur la scène internationale.
Par Ouattara


