Le secteur hôtelier africain affiche une dynamique sans précédent en ce début d’année 2025. Selon le rapport annuel du cabinet W Hospitality Group publié en mars, le continent compte 577 projets hôteliers en cours, représentant un total impressionnant de 104 444 chambres. Une hausse de 13,3 % par rapport à 2024, bien au-dessus de la croissance enregistrée au niveau mondial.
Ce regain d’activité illustre un changement d’échelle dans l’industrie touristique africaine, porté par une cinquantaine de chaînes hôtelières internationales et régionales qui misent désormais sur les marchés du continent.
Égypte et Maroc en tête
L’Égypte conforte sa position de leader avec 143 projets totalisant près de 34 000 chambres, soit à elle seule un tiers du développement hôtelier continental. La majorité de ces projets sont concentrés au Caire et à Charm el-Cheikh, avec une forte présence des groupes Accor, Marriott, Hilton et IHG. Malgré un taux de concrétisation encore faible en 2024, 154 ouvertures sont prévues cette année.
Le Maroc, en deuxième position, tire son épingle du jeu avec 58 projets et plus de 8 500 chambres. Casablanca est au cœur de cette dynamique, accueillant de nouvelles marques comme Mama Shelter, Moxy ou encore Eurostars. Le royaume chérifien a signé 13 nouveaux accords en 2024 et présente un taux d’avancement élevé : plus de 72 % des chambres sont déjà en construction.
Nigeria, Éthiopie et Cap-Vert : trois visions contrastées
Le Nigeria, qui occupait la deuxième place l’an dernier, recule d’un rang avec 48 projets. Bien que Lagos et Abuja concentrent l’essentiel du pipeline, les retards d’exécution sont notables, et aucune ouverture n’est attendue cette année dans la capitale. Le contraste est saisissant avec l’Éthiopie, où plus de 83 % des chambres prévues sont déjà en chantier, notamment à Addis-Abeba, qui capte l’essentiel de l’activité grâce à son statut de carrefour diplomatique.
Plus surprenant, le Cap-Vert se hisse au cinquième rang malgré un nombre réduit de projets. Son modèle repose sur de grands complexes balnéaires – souvent de plus de 500 chambres – destinés à la clientèle européenne. Si les taux de mise en chantier restent faibles, le pays concentre trois des dix plus grands hôtels en cours de construction sur le continent.
L’Afrique de l’Est et l’Afrique australe en mouvement
Le Kenya, la Tunisie, l’Afrique du Sud et la Tanzanie se distinguent également. Nairobi, Tunis, Le Cap et Zanzibar sont les principales zones de développement. Les projets y sont généralement de taille plus modeste, mais affichent des taux de concrétisation élevés, ce qui laisse entrevoir une montée en puissance rapide dans les années à venir.
Un avenir prometteur, mais des défis logistiques
Avec une croissance à deux chiffres, l’industrie hôtelière africaine confirme son potentiel. L’arrivée de nouvelles marques, l’essor des classes moyennes et l’augmentation du tourisme d’affaires comme de loisir nourrissent cet engouement. Toutefois, les retards de livraison, les difficultés de financement et les incertitudes géopolitiques dans certaines régions restent des obstacles majeurs à surmonter.
La bataille de l’hospitalité est donc bien lancée, et les investisseurs internationaux semblent décidés à miser sur l’Afrique, qui s’impose peu à peu comme le nouveau front de développement mondial dans le secteur hôtelier.
Par Ouattara


